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Avantages et désavantages de la dollarisation du Venezuela

Francisco Rodríguez, coordinateur du programme économique du candidat d’opposition Henri Falcón, a proposé la dollarisation de l’économie vénézuélienne au cours de la dernière campagne présidentielle. L’économiste et ancien ministre de Chávez, Víctor Álvarez, évalue l’opportunité et la viabilité de cette mesure. Son analyse permet aussi de mettre en valeur ce qui cloche dans la politique de l’actuel gouvernement, à savoir l’usage excessif de la planche à billets, une des principales causes de l’inflation.
(La rédaction)

Une des principales critiques émises à l’encontre du gouvernement vénézuélien est sa très mauvaise gestion en matière fiscale, monétaire et de change, car elle est à l’origine d’une hyperinflation Hyperinflation Le phénomène de l’hyperinflation correspond à une inflation excessivement élevée et incontrôlable. On parle réellement d’hyperinflation lorsque les prix augmentent de plus de 50% par mois. Les pays y étant confrontés sont généralement conduits à une crise monétaire et économique. ravageuse qui a détruit la monnaie nationale et le pouvoir d’achat des ménages qui dépendent d’un revenu régulier en bolivars (Bs).

Le Venezuela accumule six ans consécutifs de déficits budgétaires. En 2017, il atteignait 21% du PIB PIB
Produit intérieur brut
Le PIB traduit la richesse totale produite sur un territoire donné, estimée par la somme des valeurs ajoutées. Le Produit intérieur brut est un agrégat économique qui mesure la production totale sur un territoire donné, estimée par la somme des valeurs ajoutées. Cette mesure est notoirement incomplète ; elle ne tient pas compte, par exemple, de toutes les activités qui ne font pas l’objet d’un échange marchand. On appelle croissance économique la variation du PIB d’une période à l’autre.
. C’est comme avoir 40° de fièvre.

Les causes principales sont :

  1. L’essence subventionnée de manière irrationnelle [1] : Les finances de PDVSA PDVSA
    Petróleos de Venezuela
    Petróleos de Venezuela SA est la compagnie nationale publique de pétrole du Venezuela.
    sont en mauvais état parce que l’entreprise subventionne l’essence dont le coût de renoncement [2] atteint les 14 milliards $ par an. Le prix extrêmement bas [le plus bas du monde, NDLR] auquel elle est vendue encourage la contrebande [vers la Colombie notamment, NDLR] et ne favorise pas les plus pauvres, qui ne possèdent pas de voiture.
  2. Les pertes de PDVSA car elle doit vendre ses pétrodollars à un taux de change trop bas [fixé par le gouvernement, NDLR]. Les bolivars perçus à ce taux ne sont pas suffisants. Elle doit alors s’endetter auprès de la Banque centrale (BCV) qui émet de l’argent pour couvrir son déficit. Ce qui a un effet sur l’inflation Inflation Hausse cumulative de l’ensemble des prix (par exemple, une hausse du prix du pétrole, entraînant à terme un réajustement des salaires à la hausse, puis la hausse d’autres prix, etc.). L’inflation implique une perte de valeur de l’argent puisqu’au fil du temps, il faut un montant supérieur pour se procurer une marchandise donné. .
  3. Les subventions inefficaces aux biens et services publics comme l’électricité, l’eau, le gaz, le métro, etc. lesquels sont aussi financés par le recours sans commune mesure à la planche à billets [3]. En injectant autant d’argent dans une économie en récession [Le gouvernement a augmenté la masse monétaire de plus 2 500 000% entre 1999 et 2018, NDLR] - caractérisée par des indices croissants de pénurie-, il y a beaucoup d ‘argent en circulation mais peu de biens, ce qui alimente aussi l’hyperinflation.

A la pression déficitaire s’ajoute la récente pratique populiste et clientéliste de répartir des bonos [4] qui ne sont pas le fruit d’une amélioration de la production. Ces bonos sont financés par la planche à billets de la BCV. Ce qui est recherché avec la dollarisation, c’est justement d’en finir avec cette irresponsable et désastreuse manière de gaspiller et de financer le déficit.

Analyse des coûts-bénéfices

Toute décision de politique publique nécessite au préalable une évaluation de ses coûts et bénéfices. L’objection la plus courante contre la dollarisation a trait à la perte [pour les autorités nationales] de l’instrument monétaire et de change pour contrecarrer l’impact des chocs extérieurs qui affectent l’économie vénézuélienne, comme le comportement des prix du pétrole.

La politique monétaire, ce sont les mesures appliquées par la Banque centrale du Venezuela (BCV) pour protéger le pouvoir d’achat de la monnaie nationale, empêcher de graves déséquilibres dans la balance des paiements, contribuer à la croissance économique et à la création de nouveaux et meilleurs emplois. Ce sont là des objectifs que l’on essaie d’atteindre à travers la gestion des taux d’intérêt, un des instruments les plus puissants pour contrôler l’offre et la demande d’argent.

Comme les investissements réagissent inversement au comportement des taux d’intérêt, en période de contraction économique, l’autorité monétaire diminue les taux d’intérêt pour stimuler les investissements productifs. Mais quand l’économie reprend, l’institution monte les taux pour contrôler l’expansion économique et éviter une forte hausse des prix.

De son côté, la politique de change est essentielle pour préserver le pouvoir d’achat à l’étranger de la monnaie nationale. La productivité du travail est très différente entre les secteurs des biens et services commercialisables internationalement. Quand une économie ne dispose pas d’une offre diversifiée à exporter, le taux de change tend à refléter la productivité du produit qu’elle exporte le plus. Mais une fois que l’on atteint un taux de change exprimant la productivité moyenne de l’agriculture et de l’industrie, on réduit les importations et on augmente les exportations de biens commercialisables. Mais il ne suffit pas de manipuler le taux de change pour rester compétitif sur la scène internationale. Les exportateurs sont incités à améliorer leur qualité, leur productivité et leur compétitivité, laquelle implique d’investir dans le talent humain et d’offrir de meilleures rémunérations.

Impact de la dollarisation à court et à long terme

A court terme, dollariser l’économie permettrait de freiner brusquement l’hyperinflation. L’Équateur a souffert d’une inflation à deux chiffres durant vingt ans qui a chuté à une moyenne de 3,8% à partir de la dollarisation en 2000. Depuis lors, le revenu per capita a augmenté de 114%, sortant plus de trois millions d’Équatoriens de l’extrême pauvreté. La performance de l’Équateur dollarisé est une des meilleures en Amérique du Sud.

Mais quand un pays sous-développé, avec une faible productivité, adopte la monnaie d’une puissance étrangère qui lui est largement supérieure en termes de productivité, la production agricole ou industrielle du pays dollarisé pourra difficilement lui faire concurrence. A l’instar de l’Équateur, le Venezuela est un pays pétrolier. En adoptant le dollar comme monnaie, il perdrait son pouvoir d’ajuster le taux de change pour soutenir la compétitivité des exportations non pétrolières. Rafael Correa n’a pas pu le faire. A long terme, le Venezuela en fera aussi les frais en renonçant à la gestion de la politique monétaire et de change.

Une fois l’inflation résolue, le salaire réel récupéré et le niveau de pauvreté réduit, Correa a voulu éliminer la dollarisation parce qu’il ne pouvait pas soutenir le développement économique à travers la croissance des dépenses publiques et de la liquidité monétaire. C’est pourquoi, en évaluant les avantages et désavantages de la dollarisation, il faut identifier et analyser quelles seraient les nouvelles sources de financement des dépenses publiques, car il n’y aurait plus de marges de manœuvre en matière monétaire pour soutenir l’économie.

Banque centrale du Venezuela  // © Alexandersr / Shutterstock  //

Dollarisation et vulnérabilité extérieure

Les pays dépendant d’un seul produit d’exportation sont très vulnérables. Si les prix du pétrole chutent, ils ne perçoivent plus assez de devises pour soutenir la croissance économique. S’ils sont dollarisés, une contraction monétaire se produit et elle fait pression à la hausse sur les taux d’intérêt, ce qui dissuade les investissements productifs.

Dans un système de libre fluctuation du taux de change, l’impact d’un choc extérieur est allégé à travers la dévaluation produite par le renchérissement des biens et services importés et renforce la compétitivité des exportations non pétrolières, en contribuant ainsi à corriger le déficit de la balance commerciale.

Dans le cadre d’un contrôle du taux de change fixe et d’émissions démesurées d’argent pour financer le déficit fiscal Déficit fiscal Différence entre les dépenses et les recettes de l’Etat, ces dernières étant inférieures. , une pression est exercée sur le taux de change du marché parallèle vers lequel se dirige la demande non satisfaite de devises. Il est alors impossible de maintenir l’offre d’argent selon le taux de change et c’est pour cela que le dollar parallèle Dollar parallèle Depuis 2003, le Venezuela pratique un contrôle des changes. Un marché parallèle s’est développé pour acquérir les précieux billets verts. sur le marché noir ne cesse de croître.

Le régime des multiples taux de change [comme ça a été le cas au Venezuela, NDLR] est la pire manière de conduire une politique de change, car elle crée des incitations perverses pour les chasseurs de rentes, spéculateurs et corrompus qui arrivent à amasser des fortunes à travers toute une série d’actions délictueuses, portant ainsi atteinte aux rentrées fiscales, aux réserves internationales Réserves internationales Les réserves de change sont des avoirs en devises étrangères et en or détenues par une banque centrale. et à la stabilité macroéconomique.

A l’heure de dollariser, il faut tenir compte de la vulnérabilité extérieure du Venezuela à cause de la volatilité des prix de sa principale source de devises (le pétrole), mais le principal problème à court terme pour engranger des devises n’est pas cette volatilité des prix mais la forte chute de la production de PDVSA [la production la plus faible depuis trois décennies, NDLR]. La question est donc de savoir à quels niveaux devraient se situer la production et le prix du pétrole pour soutenir la dollarisation ?

La dollarisation du salaire

Avoir de bas salaires n’est pas la meilleure manière d’être plus compétitif au niveau international. Toutefois, un pays qui pâtit d’une chute des prix du pétrole a besoin de baisser les salaires s’ils sont en dollars pour stimuler les investissements et augmenter l’offre exportable qui aide à compenser la baisse de la rente pétrolière. Le Venezuela serait loin d’avoir les salaires en dollars les plus élevés de la région.

Au taux de change du marché noir (215 000 Bs pour un $), le salaire minimum intégral [comprenant les bons d’alimentation, NDLR] de 1 307 646 Bs équivaut à 6,08 $ par mois. Si la dollarisation s’appliquait au dernier taux DICOM de 40 000 Bs/$, le revenu minimum du travailleur augmenterait à 32,7$ par mois. Ce niveau serait encore à peine une fraction du salaire minimum moyen en Amérique latine, qui se situe entre 350 et 400$. Malgré sa chute spectaculaire, le niveau actuel des réserves internationales suffirait pour convertir la totalité de l’argent en circulation et des dépôts en dollars, au taux de change de la dernière attribution de devises du DICOM.

Les salaires dollarisés au Venezuela sont si bas que leur augmentation lors d’une reprise économique ne ferait que nuire à la compétitivité internationale. Cela nécessiterait au moins une décennie. Si la dollarisation fait partie d’un programme de réformes économiques bien pensées et exécutées, les déséquilibres fiscaux et monétaires, source de l’hyperinflation, seraient corrigés. Une fois les variables macroéconomiques stabilisées et un retour à la croissance de l’économie réelle, les salaires en dollars commenceraient à croître au lieu de poursuivre leur baisse comme à l’heure actuelle.

Le véritable problème de la productivité et de la compétitivité de l’offre exportable vénézuélienne ne vient pas du haut coût de la main d’œuvre, mais des surcoûts générés par l’environnement productif précaire et déficient : services, infrastructures, procédures administratives, contrôles et régulations qui affaiblissent cette compétitivité. Avec la dollarisation, le pays renonce à la gestion du taux de change pour rendre meilleur marché les salaires, services et d’autres facteurs de production qui sont payés en monnaie nationale, car il faudra les payer en dollars.

Les clés pour une dollarisation réussie

Il n’y a pas de panacée en économie. Quand des mesures sont bien pensées et exécutées, elles résolvent le problème principal mais engendrent aussi des effets secondaires non désirés. Bien pensée et appliquée, il n’y a pas de raison pour que la dollarisation engendre plus de coûts que de bénéfices pour la majorité de la population.

Un autre problème qu’on lui impute, c’est qu’elle réduirait à néant le capital souscrit et payé des banques et d’autres institutions financières qui, converti aux taux DICOM de 40 000 Bs/$, serait réduit à 75 millions $ et le portefeuille de crédits ne dépasserait pas 750 millions $, un montant insuffisant pour financer la relance de l’économie. Cette relation se détériore à mesure que le taux de change Bs/$ augmente.

Pour une dollarisation réussie, elle doit être accompagnée d’un financement extérieur opportun et suffisant des organismes multilatéraux. Ces fonds permettraient de recapitaliser le système bancaire, de couvrir les déficits du secteur public et de restructurer la dette extérieure.

Le gouvernement s’est montré dangereux, comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, dans la gestion désordonnée des finances publiques, dans l’émission disproportionnée d’argent inorganique et dans l’administration peu transparente de la rente pétrolière. Par souci de relancer l’économie et de retrouver le bien-être social, il est urgent de lui ôter des mains la gestion irresponsable de la politique monétaire et de change.

La dollarisation temporaire de l’économie pourrait être une mesure adéquate pour éviter que le gouvernement en place continue à faire fonctionner la planche à billets pour financer le déficit des entreprises publiques, en supprimant ainsi le principal facteur à l’origine de l’hyperinflation qui hante tant les familles que les entreprises vénézuéliennes. La dollarisation mettrait un terme à l’émission d’argent car la BCV ne peut pas imprimer de dollars.

Face au très mauvais usage de la politique monétaire et de change, source de la spirale hyper inflationniste, il est absurde de battre sa coulpe pour laisser au gouvernement les instruments de politiques monétaires et de change qu’il n’a pas su utiliser. S’il y a bien quelque chose qui conviendrait aux familles vivant d’une revenu régulier dévoré par l’hyperinflation provoquée par un déficit fiscal financé par la planche à billets de la BCV, c’est justement lui retirer l’utilisation irresponsable de ces instruments.

En dollarisant, le gouvernement en place perdrait la gestion des politiques monétaires et de change, mais le pays en sortirait vainqueur à court terme en freinant d’un coup l’hyperinflation dont les effets sociaux et économiques sont plus difficiles à contrecarrer si l’indiscipline fiscale et le déséquilibre monétaire se maintiennent.


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Víctor Álvarez Rodríguez

Víctor Álvarez Rodríguez

Economiste. Lauréat de nombreux prix pour ses livres et ses recherches. A été e.a. chercheur au Centre international Miranda et professeur sur « l'économie politique du capitalisme rentier » à la Fondation IDEA. Sous Chávez, il fut ministre des Industries basiques et des mines, directeur de PDVSA ou encore président de la Corporación Venezolana de Guayana.

[1[NDLR] L’essence vendue au Venezuela est la moins chère du monde. Un litre coûte un bolívar, qui, à un des taux de change officiels, peut être équivalent à 0,1 de dollar. Mais au taux du marché noir, cela équivaut à un millième de cent. Avec un billet vert (un dollar), vous pourriez acheter 100 000 litres. Ce cadeau de près d’un demi-million de barils de carburant chaque jour représente une perte pour PDVSA comprise entre 12 et 15 milliards de dollars par an.

Humberto Marquez, PDVSA. L’industrie pétrolière dans le gouffre, IPS Noticias/ Barril.info, décembre 2017.

[2[NDLR] Le coût de renoncement ou (anglicisme) coût d’opportunité (de l’anglais opportunity cost) désigne la perte des biens auxquels on renonce lorsqu’on procède à un choix, autrement dit lorsqu’on affecte les ressources disponibles à un usage donné au détriment d’autres choix. C’est le coût d’une chose estimé en termes d’opportunités non-réalisées, ou encore la valeur de la meilleure autre option non-réalisée.
Source : wikipedia.fr.

[3[NDLR] Le gouvernement fait largement fonctionner la planche à billets. La Banque centrale émet de l’argent « inorganique », dans le sens où il ne dispose d’aucun collatéral effectif, par exemple dans la production du pays. Le gouvernement a augmenté la masse monétaire de plus 2 500 000% entre 1999 et 2018.
Manuel Sutherland, La ruine du Venezuela n’est due ni au « socialisme » ni à la « révolution », Nueva Sociedad/ Barril.info, 2018.

[4[NDLR] Une fois, c’est un bon pour les femmes enceintes, une autre fois pour les mères, une autre fois pour les fêtes de Noël. Il s’agit concrètement de transferts financiers opérés par le gouvernement à des segments de la population. Ces transferts sont irréguliers et décidés de manière discrétionnaire par le pouvoir. Les bénéficiaires reçoivent cet argent via le carnet de la patria, une carte avec un QR code qui contient plusieurs données sur l’identité et la situation sociale de son détenteur. C’est le système promu par le pouvoir pour mieux « distribuer » l’aide sociale. Pour ses opposants, c’est un système clientéliste et de contrôle social. En effet, les électeurs sont invités à présenter leur carte aux puntos rojos (ou tricolores), des stands du PSUV situés à proximité des bureaux de vote lors d’un scrutin. Le président Maduro a laissé entendre le 10 décembre que ceux qui présenteraient leur carnet après avoir voté recevrait un bono.

[5[NDLR] L’essence vendue au Venezuela est la moins chère du monde. Un litre coûte un bolívar, qui, à un des taux de change officiels, peut être équivalent à 0,1 de dollar. Mais au taux du marché noir, cela équivaut à un millième de cent. Avec un billet vert (un dollar), vous pourriez acheter 100 000 litres. Ce cadeau de près d’un demi-million de barils de carburant chaque jour représente une perte pour PDVSA comprise entre 12 et 15 milliards de dollars par an.

Humberto Marquez, PDVSA. L’industrie pétrolière dans le gouffre, IPS Noticias/ Barril.info, décembre 2017.

[6[NDLR] Le coût de renoncement ou (anglicisme) coût d’opportunité (de l’anglais opportunity cost) désigne la perte des biens auxquels on renonce lorsqu’on procède à un choix, autrement dit lorsqu’on affecte les ressources disponibles à un usage donné au détriment d’autres choix. C’est le coût d’une chose estimé en termes d’opportunités non-réalisées, ou encore la valeur de la meilleure autre option non-réalisée.
Source : wikipedia.fr.

[7[NDLR] Le gouvernement fait largement fonctionner la planche à billets. La Banque centrale émet de l’argent « inorganique », dans le sens où il ne dispose d’aucun collatéral effectif, par exemple dans la production du pays. Le gouvernement a augmenté la masse monétaire de plus 2 500 000% entre 1999 et 2018.
Manuel Sutherland, La ruine du Venezuela n’est due ni au « socialisme » ni à la « révolution », Nueva Sociedad/ Barril.info, 2018.

[8[NDLR] Une fois, c’est un bon pour les femmes enceintes, une autre fois pour les mères, une autre fois pour les fêtes de Noël. Il s’agit concrètement de transferts financiers opérés par le gouvernement à des segments de la population. Ces transferts sont irréguliers et décidés de manière discrétionnaire par le pouvoir. Les bénéficiaires reçoivent cet argent via le carnet de la patria, une carte avec un QR code qui contient plusieurs données sur l’identité et la situation sociale de son détenteur. C’est le système promu par le pouvoir pour mieux « distribuer » l’aide sociale. Pour ses opposants, c’est un système clientéliste et de contrôle social. En effet, les électeurs sont invités à présenter leur carte aux puntos rojos (ou tricolores), des stands du PSUV situés à proximité des bureaux de vote lors d’un scrutin. Le président Maduro a laissé entendre le 10 décembre que ceux qui présenteraient leur carnet après avoir voté recevrait un bono.

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  • Traduction : F.L., pour Barril.info

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