×

Election municipale

Le prof et le communard contre l’appareil

Même lorsque l’opposition est donnée perdante, le PSUV, le parti au pouvoir ne laisse aucun espace pour que d’autres voix, issues du camp de la « révolution bolivarienne », s’expriment. Le prof Eduardo Saman et le communard Angel Prado en ont fait les frais lors de la dernière élection municipale.

Frédéric Lévêque

19 février 2018

Le dimanche 10 décembre, plus de 19 millions électeurs vénézuéliens étaient appelés à élire les maires des 335 municipalités du Venezuela. 9 139 564 électeurs se sont déplacés - soit 47,32% du registre électoral. [1] Selon les chiffres dévoilés par le Conseil national électoral Conseil national électoral
Consejo Nacional Electoral
CNE
Le Conseil national électoral est un pouvoir public autonome. C’est l’institution chargée de garantir et superviser le déroulement de tous les processus électoraux.
(CNE), le parti du gouvernement, le PSUV PSUV
Parti socialiste unifié du Venezuela
Le Parti socialiste unifié du Venezuela est le parti politique fondé en 2006 par Hugo Chavez pour remplacer le Mouvement Cinquième République.
, aurait conquis plus de 300 mairies. Un véritable raz de marée. Lors des dernières élections, l’opposition avait remporté 76 mairies, il ne lui en reste plus qu’une grosse vingtaine.

A première vue, ces chiffres semblent témoigner de la très grande forme électorale du gouvernement de Nicolas Maduro malgré la terrible situation économique que traverse le pays. A première vue seulement, car le suspens était le grand absent de cette 23e élection depuis l’arrivée au pouvoir de Hugo Chavez en 1999.

L’opposition à genoux

Depuis l’installation de l’Assemblée nationale constituante (ANC) en août dernier [2] et la victoire oficialista Oficialista
Oficialismo
Oficialismo, le gouvernement. Oficialista, partisan du gouvernement.
à l’élection des gouverneurs le 15 octobre [3], la Mesa de la Unidad Democrática (MUD), la coalition d’opposition, a implosé. Ce 10 décembre, les directions des trois principales organisations de la coalition - Voluntad Popular, Acción Democrática Action démocratique
Acción Democrática
Parti social-démocrate qui a dominé la vie politique vénézuélienne durant la seconde moitié de XXè siècle.
et Primero Justicia - appelaient à boycotter le scrutin. Une consigne qui allait leur coûter cher et qui n’a été suivie que très partiellement au niveau local, où, ici et là, des candidats issus de ses rangs et d’autres partis d’opposition se sont présentés de manière dispersée. Selon Eugenio Martínez, dans les municipalités que l’opposition gouvernait encore avant le scrutin, il y avait en moyenne huit candidats anti-Maduro en lice.

Recommandé

Si l’opposition est divisée, son électorat est, quant à lui, profondément démoralisé devant les mille et une magouilles des règles électorales du pouvoir [4] et l’incohérence congénitale de la MUD qui un jour promet le Grand soir - faire tomber la « dictature » par la pression de la rue comme au printemps dernier -, le lendemain lui demande de participer à des élections dont elle ne cesse de dénoncer le manque d’équité de la compétition et la partialité de son arbitre, le CNE, et le surlendemain l’appelle à boycotter des élections tout en envisageant sa participation aux suivantes (les présidentielles).

Dans la plupart des municipalités, une victoire de l’opposition n’était même plus une probabilité. Ses spécialistes avaient estimé avant le scrutin que, dans le meilleur des cas, en arrivant à présenter des candidatures unitaires, elle pourrait garder le contrôle de 30 des 76 municipalités qu’elle gouvernait jusqu’à aujourd’hui. [5] Les résultats du 10 décembre sont venus confirmer ces prévisions.

Des candidats désignés

Comme elle en a pris l’habitude, la direction du PSUV a désigné verticalement ses candidats sans consulter ses traditionnels alliés du Grand pôle patriotique Grand pôle patriotique
Gran Polo Patriótico
Le Grand pôle patriotique Simon Bolivar, plus connus sous le nom de Grand pôle patriotique (GPP), est une coalition d’organisations sociales et de partis politiques qui soutiennent la révolution bolivarienne. Malgré quelques désaccords et tensions récurrentes, on y retrouve en général Patria para Todos (PPT), le Parti communiste (PCV), le mouvement Tupamaro, Podemos ou encore le Mouvement électoral du peuple (MEP). Cette coalition est dominée par le Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV), le parti officiel du chavisme.
 [6] ou sa base militante. Ce manque de considération et de concertation, alors que la menace d’une victoire de l’opposition était écartée, a fait grincer des dents et a poussé des organisations alliées comme Patria para Todos (PPT) ou le Parti communiste (PCV) et des mouvements sociaux à jouer leur propre carte. [7]

Durant la campagne, deux cas significatifs ont attiré l’attention, suscité l’enthousiasme et déclenché des polémiques : celui du professeur Eduardo Samán à Caracas et celui du comunero Angel Prado à Simon Planas dans l’état de Lara.

#UnSamanParaCaracas

A Caracas, le chavisme Chavisme Le terme « chavisme »est utilisé pour décrire le(s) courant(s) politiques revendiquant l’héritage de Hugo Chavez, décédé en 2013. présentait un candidat unitaire dans quatre de ses cinq municipalités [8]. Mais, dans son fief, Libertador, deux millions d’habitants et siège des institutions de la République, un trouble-fête, Eduardo Samán, a tenté de mettre des bâtons dans les roues d’Erika Farias, la candidate désignée par l’appareil du PSUV et qui a occupé quatre postes différents au cours des douze derniers mois et postulait donc pour un cinquième [9].

Eduardo Samán n’est pas un inconnu. Ce docteur en pharmacie, professeur d’université et intellectuel que l’on dit proche des mouvements sociaux et de la gauche chaviste a été ministre du Commerce sous Chavez. Il a aussi dirigé l’Institut de défense des consommateurs (INDEPABIS) où il a laissé de sa gestion l’image d’une personne engagée contre la corruption, la spéculation et le marché noir. [10] A la tête du Service autonome de propriété intellectuel (SAPI), il a promu les médicaments génériques et les logiciels libres, à tel point qu’il a attiré sur lui l’attention de l’ambassade des Etats-Unis à Caracas : 22 câbles révélés par Wikileaks (2011) le cite. Il y est décrit comme « quelqu’un qui n’a jamais cru dans la propriété intellectuelle et le marché ». [11] En 2010, le Caraqueño avait appelé à la formation d’un courant de gauche au sein du PSUV, une idée qu’il abandonna sous la pression de l’appareil [12] avant de quitter par la suite le PSUV pour rejoindre formellement les rangs de PPT.

Eduardo Samán annonce sa candidature le 6 novembre. Elle reçoit le soutien du Mouvement électoral du peuple (MEP), du PCV et du PPT, tous trois alliés traditionnels du PSUV. Dans un premier temps, le CNE bloque son inscription. Il faudra des mobilisations pour l’y contraindre. [13] Le 13 novembre, il devient officiellement candidat. Le pouvoir électoral refuse alors sans aucune raison valable d’opérer la substitution de candidat sur le bulletin de vote. [14] En effet, vu les délais très courts imposés pour inscrire des candidats, tant le PPT que le PCV avaient préalablement inscrit chacun un autre candidat [15] avant de se rallier à la candidature de l’ex-ministre.

« Je suis le seul candidat dans l’histoire des élections dont le nom n’apparaîtra pas. Les gens vont voter pour moi en choisissant le nom d’une autre personne qui a déjà été remplacée mais ils n’ont pas voulu opérer cette substitution sur le bulletin imprimé ni sur la machine électronique » explique-t-il à deux jours du scrutin. [16] Intentionnellement, le CNE dont quatre des cinq directeurs répondent aux injonctions du gouvernement, provoquent ainsi la confusion chez l’électeur. Pourtant, cette substitution a bien été opérée pour le MEP qui a lâché Samán en cours de route et pour le Mouvement Tupamaro qui a aussi retiré son propre candidat. [17] Ces deux organisations, mises sous pression, ont finalement opté pour appuyer la candidature d’Erika Farias.

Durant sa très brève campagne, Eduardo Samán a porté un discours critique sur les deux mandats consécutifs du maire sortant, Jorge Rodriguez (PSUV), qui laisse Caracas dans un piètre état après huit ans de non gestion. [18] Mais il a aussi réaffirmé, à plusieurs reprises, sa fidélité envers la « révolution » et le pouvoir. Il s’est même dit prêt à retirer sa candidature si l’opposition avait une quelconque chance de victoire. [19] Un gage de loyauté qui n’a pas suffi pour le gouvernement.

Le candidat « rebelle » a été victime d’un blocus médiatique. Il n’a bénéficié que d’une seule interview sur une télévision publique (ViveTV) à la suite de laquelle son directeur aurait été démis. [20]

Dans le secteur privé, il a pu s’exprimer sur Televen mais sur Globovisión, son interview a été annulée sans raison [21]. Cette chaîne toute info, autrefois symbole de l’antichavisme le plus virulent, a recentré sa ligne éditoriale depuis la prise de contrôle de son actionnariat par des proches du gouvernement. Le candidat a aussi dénoncé le refus du journal Últimas Noticias de publier sa publicité prépayée. Ce quotidien autrefois équilibré a aussi été racheté par des proches du pouvoir. Sur les sites de ces deux médias, on ne trouve plus d’information sur le candidat Samán entre l’officialisation de sa candidature et la fin de la campagne [22], alors qu’il était un candidat « révolutionnaire » sérieux dans la municipalité la plus peuplée du Venezuela.

Le 10 décembre, Erika Farias a remporté l’élection avec 66,18% des votes exprimés (493 225). Les deux candidats de l’opposition ont quant à eux dépassé ensemble les 23%. Eduardo Samán n’a rameuté « que » 48 010 électeurs, soit 6,44%. Son score semble faible. Mais pouvait-il espérer mieux ? Son nom ne figurait même pas sur le bulletin de vote. Le CNE n’a pas daigné informer l’électorat de ce changement ni sur son site ni dans les bureaux de vote et les médias l’ont boycotté, malgré la loi électorale. « Nous avons été confronté au plus gros appareil de mobilisation de l’histoire politique vénézuélienne dans lequel plusieurs structures se chevauchent : le PSUV, les CLAP CLAP Comités locaux d’approvisionnement et de production, Comités Locales de Abastecimiento y Producción, CLAP , Somos Venezuela et le Frente Francisco de Miranda Frente Francisco de Miranda Organisation sociale et politique, fondée en 2003 à La Havane à l’initiative d’Hugo Chavez et Fidel Castro. Son objectif est de former des militants et cadres « révolutionnaires » et d’accompagner et soutenir sur le terrain le gouvernement et le PSUV. . Chacun de ces appareils influent sur la population chaviste et dans certains cas en faisant du chantage ». [23]

La victoire volée des communards

Autre candidat. Autre lieu. Autre réalité. Angel Prado est le leader de El Maizal, une commune dans l’Etat de Lara qui colle parfaitement à la vision du socialisme promue par feu Hugo Chavez. Cette commune - formée par 22 conseils communaux - est devenue une référence en matière d’organisation populaire et de production agricole depuis sa création, en 2009, sur des terres latifundiaires expropriées par le gouvernement. [24]

teleSUR tv

Venezuela : Comuna El Maizal, modelo de organización popular productiva

https://youtu.be/YvGGNmy3aIY

Le 30 juillet dernier, Angel Prado est élu à l’Assemblée nationale constituante (ANC) avec 13 000 votes sur les 17 000 exprimés dans sa circonscription électorale. [25] Une fois l’élection des maires programmées fin octobre, une assemblée populaire des comuneros désigne le flambant nouveau constituant comme son candidat à la mairie de Simón Planas alors que le PSUV a déjà désigné le sien : Jean Ortiz. Comme le lui permet la loi [26], il postule en son nom propre, soutenu par 8500 signatures d’habitants de sa municipalité [27] (il en fallait beaucoup moins !). Le CNE refuse. Il reçoit alors les soutiens opportunistes du PPT, du Mouvement Tupamaro, du PCV, d’ORA et du MEP pour s’inscrire. [28] Ceux-ci soutenaient dans un premier temps le candidat désigné du PSUV.

Comme le montre le document officiel (voir ci-contre), la candidature du comunero est admise à la mi-novembre. Le CNE peut opérer la substitution sur le bulletin de vote. Le 23 novembre, Prado dénonce qu’à part le PPT, les autres partis qui le soutiennent n’apparaissent pas sur le bulletin de vote. [29]
 Le lendemain, le pouvoir électoral lui fait savoir qu’il doit demander l’autorisation à l’ANC pour se présenter. [30] Trois jours plus tard, près de 1 000 comuneros de El Maizal débarquent à Caracas en famille pour protester aux portes de l’ANC et soutenir « leur » candidat. En vain, après 48 heures, Angel Prado annonce que la direction de l’ANC bloque définitivement sa candidature. Une discrimination puisque d’autres constituants, comme Erika Farias justement, sont candidats à l’élection.

Résultats électoraux à Simon Planas  // Page web du CNE  //

Le comunero ne baisse pas pour autant les bras. De retour dans son fief, il appelle la population à voter pour lui, même si ce n’est pas son nom mais bien celui du candidat oficialista Jean Ortiz qui apparaît au dessus du logo du PPT. [31] Le 10 décembre, la population se mobilise et défie la présence menaçante des forces de l’ordre. [32] Le CNE bloque l’entrée des 26 bureaux de vote de la municipalité aux témoins électoraux du PPT. [33] Cela ne suffira pas. Le résultat officiel annonce la victoire de Jean Ortiz avec 93,31% des voix mais près de 60% ont été portées sur le PPT et pas sur le PSUV. Jean Ortiz est reconnu vainqueur mais la majorité a voté pour Angel Prado.

L’affaire « Angel Prado » qui a agité la twittosphère et les rues de Simon Planas n’est pas isolée. Une autre comunera et constituante Victoria Araujo (Sucre, état de Trujillo) a aussi vu sa candidature empêchée. [34] Dans d’autres régions, des leaders sociaux se sont lancés dans la compétition électorale. Augusto Espinoza, de la Comuna Cajigal (Cajigal, Sucre) a été élu en battant le candidat du PSUV. Jose Maria « Chema » Romero a gagné la mairie de Paez (Apure) cette fois-ci avec le soutien du PSUV. Quant à Jesús Silva, du colectivo Alexis Vive, il a été battu par le candidat du PSUV à Morán dans l’état de Lara.

« Il est normal que des leaderships de ce type soient tant rejetés par ceux qui ont transformé le PSUV en synonyme de sectarisme et de bureaucratisme, en imposant des ‘leaders’ fortement critiqués par le peuple », explique l’ex ministre des Communes Reinaldo Iturriza López. [35] Angel Prado affirmait lui-même il y a un an que les potentats locaux chavistes et le PSUV sont leurs principaux adversaires : « Nous, comuneros, avons très peu de choses en commun avec le parti gouvernemental  ». [36]

Angel Prado, leader de la Commune El Maizal

Contrôle et pouvoir à tout prix

Lors des élections municipales de 2014, les candidats soutenus par des partis politiques dissidents du PSUV avaient récoltés 552 153 votes, soit 5,11%. [37] Il semble logique que l’appareil du PSUV tente au maximum d’éviter la dispersion des voix au sein de son camp. A priori, la meilleure manière d’assurer l’unité de son camp serait de consulter ses alliés et ses bases. Mais ce n’est pas la dynamique du parti gouvernemental qui privilégie la méthode verticale : imposer, exiger ensuite la loyauté et l’unité et châtier si cela ne suffit pas. Les élections permettent au parti de garantir une bonne répartition des quotes-parts de pouvoir entre les clans et chefferies qui composent le chavisme d’Etat. Environ 90% des militants du PSUV seraient des fonctionnaires publics. Les administrations municipales et régionales fourniraient 40% des emplois de la machine psuvista, en campagne permanente. [38]

Après sa défaite aux législatives de 2015 et les quatre mois de violences de ce printemps 2017, le gouvernement a tenté avec succès de reprendre le contrôle de la situation en imposant une Assemblée constituante, au prix du respect de la constitution et des règles électorales. En instaurant ce pouvoir plénipotentiaire, et en tentant de redorer son blason à travers les urnes dans un course folle qui l’a vu organiser à sa guise trois scrutins en cinq mois [39], l’appareil du parti, qui se confond avec le gouvernement, utilise toutes les ficelles que lui confère son hégémonie sur l’appareil d’Etat pour préserver son pouvoir. Il le fait contre l’opposition et n’a pas manqué d’adresse ces derniers mois pour profiter de la conjoncture et attiser les divisions en son sein. Mais il retourne aussi ses armes contre son propre camp, au risque d’accentuer une fracture déjà existante entre une classe politique « qui est devenue synonyme de statut quo, et qui a cessé d’incarner la possibilité de changements révolutionnaires » et ce qui reste d’une base sociale fragilisée par la crise, dépendante de l’aide alimentaire au compte-goutte du gouvernement, mais dont une partie tente encore, contre vents et … bureaucrates, de mener sa révolution. « A l’échelle de la micropolitique, la fracture est de plus en plus profonde : la crise de médiation politique qui affecte le chavisme ne cesse de s’approfondir », analyse Reinaldo Iturriza López. [40]

Une grave illusion métonymique

Ne nous trompons pas. La révolte des ninguneados, pour reprendre le terme de Clodovaldo Hernández [41], ces sans grades qui ont défié l’appareil du PSUV, n’est pas massive mais ne peut être réduite à une simple anecdote. « Il y a une gauche chaviste sincère qui est convaincue qu’il existe au Venezuela une dynamique révolutionnaire partiellement confisquée par la bureaucratie chaviste et la ‘bolibourgeoisie’ [42], et qu’il faut donc faire une ‘révolution dans la révolution’, analysait en 2012 Marc Saint-Upéry. [43] C’est justement ce que propose Eduardo Samán. « А mon avis, ces militants sont victimes de ce que j’appellerais une grave ‘illusion métonymique’. Certains des processus de lutte et d’auto-organisation à la base qu’ils décrivent sont réels, mais ils sont aussi bien plus minoritaires et dispersés qu’ils ne le suggèrent, et sans impact majeur sur la dynamique de fond du régime.  »

Eduardo Samán a reconnu sa défaite. Le docteur en pharmacie a annoncé vouloir regrouper la gauche au sein du chavisme. [44] Les comuneros de El Maizal ont quant à eux pris la rue d’assaut depuis le 10 décembre pour exiger que la volonté populaire soit respectée. De tout le Venezuela, des messages de soutien de la base sociale et de la gauche organisée du chavisme ont afflué [45]. Signe positif de la part d’un des membres de l’appareil, le ministre Elias Jaua a réagi en affirmant que « les différences entre chavises doivent être résolues politiquement. A Simon Planas, il y a une volonté populaire qui doit être écoutée. » [46] Une prise de position sans suite. Jean Ortiz a été reconnu vainqueur par le PSUV. Angel Prado a introduit un recours après du CNE et de la Cour suprême. [47]

Si Eduardo Samán et Angel Prado avaient pour l’un remporté l’élection et pour l’autre était reconnu comme le vainqueur légitime, ils auraient en face d’eux non pas l’opposition mais des conseillers municipaux - majoritairement du PSUV - dont le mandat a expiré. Le 10 décembre, la population ne pouvait élire que les maires - comme le 15 octobre, elle ne pouvoir renouveler que l’exécutif des états - Pourquoi ? Parce que la supraconstitutionnelle Assemblée nationale constituante en a décidé ainsi. Sans aucune justification. L’arbitraire prévaut, contre l’opposition et contre ceux qui se réclament de l’héritage du Comandante.

Aussi différents soient leurs parcours respectifs, tant Eduardo Samán qu’Angel Prado sont d’inquestionnables militants de la « révolution bolivarienne ». L’un entendait donner de l’oxygène à la gestion d’une ville laissé en piteux état par un maire plus occupé à organiser des campagnes ou à vilipender l’opposition qu’à gérer une capitale où les services sont défaillants (collecte de déchets, transport, distribution de l’eau etc.). L’autre entendait conquérir un pouvoir constitué, la mairie, afin d’y initier une « constituante municipale » et redistribuer ce pouvoir municipal au « peuple ». [48]

Tous deux ont été victimes de l’arbitraire du CNE et à travers lui du pouvoir. Ils subissent à leur niveau ce que subit l’opposition politique depuis plusieurs scrutins.

Revenir à l’ordre constitutionnel

L’acte fondateur de ladite « révolution bolivarienne » est l’adoption en 1999 d’un Constitution progressiste qui, explique Rafael Uzcategui, de l’organisation des droits humains PROVEA Provea Programa Venezolano de Educación-Acción en Derechos Humanos (Provea), principale organisation vénézuélienne de défense des droits humains, créée en 1988. , « ne fut pas une concession gracieuse, ni une faveur d’Hugo Chavez, mais le produit de luttes de presque deux décennies de la société vénézuélienne pour arriver à obtenir des choses qui y sont consacrées. Chávez a eu le flair, l’intuition politique que ces luttes se concrétiseraient dans une Assemblée constituante. » [49]

Recommandé

Face aux assauts répétés de l’opposition, le chavisme se prévaudra toujours du cadre constitutionnel adopté en 1999, quand l’opposition dissoudra les pouvoirs publics en avril 2002 lors d’un bref coup d’Etat. Ironie de l’histoire. Aujourd’hui, en 2017, ceux qui hier l’ont voué aux gémonies - comme les opposants Julio Borges, Leopoldo Lopez et Antonio Ledezma, lauréats du Prix Sakharov du Parlement européen - en sont devenus de facto ses défenseurs alors que la Constitution semble représenter un obstacle pour le pouvoir dans sa volonté de s’y maintenir coûte que coûte.

Aporrea tvi

Disfrutando de una sopita en la comuna El Maizal

https://youtu.be/sXb-0_46rrI

partagez

Frédéric Lévêque

Frédéric Lévêque

Belge. Master en sciences politiques à l'Université libre de Bruxelles. Coordinateur de RISAL (http://risal.collectifs.net) de 2003 à 2009. Fondateur et coordinateur de Barril.info.

[1CNE emite primer boletín con resultados de elecciones municipales y de gobernador del Zulia, CNE, 10 décembre 2017, http://www.cne.gob.ve/web/sala_pren...

[2Conçu comme un stratagème de l’exécutif pour reprendre le contrôle de l’ensemble des pouvoirs publics, après la victoire de l’opposition aux législatives et la rébellion du Ministère public, la plénipotentiaire et supraconstitutionnelle Assemblée nationale constituante détient aujourd’hui tous les pouvoirs. Elle n’est composée que de partisans de la « révolution bolivarienne ». Sa direction se confond avec celle du PSUV et le gouvernement. Depuis son entrée en fonction, la Constitution de 1999 est mise entre parenthèses. Tous les pouvoirs constitués - de la Cour suprême au pouvoir électoral en passant par l’Assemblée nationale, - , doivent se soumettre. L’ANC doit rédiger un nouveau texte constitutionnel. Elle s’est donné un large délais de deux ans pour accomplir son devoir. De facto, l’Assemblée gouverne le pays par des lois/décrets constituants. Sans contrôle, sans contre-poids.

[3Le chavisme a remporté 18 des 23 postes de gouverneurs en jeu. Comme le gouverneur d’opposition de l’Etat de Zulia a refusé de prêter serment devant l’Assemblée nationale constituante, il a été destitué et une nouvelle élection a été organisée de 10 décembre dans l’état. Le chavisme l’a emporté.

[4Non organisation des élections dans les temps prévus, manipulation du calendrier électoral, non substitution sur les bulletins de vote de candidats qui se sont retirés, non publication des résultats détaillés par bureau de vote, amputation des élections (seuls les exécutifs des états et des municipalités ont été renouvelés le 15 octobre et le 10 décembre, pas leur pouvoir législatif), etc.

[5Eugenio Martínez, Así es la correlación de fuerzas para los comicios de este domingo, Prodavinci, 6 décembre 2017, http://prodavinci.com/asi-es-la-cor...

[6Le Grand pôle patriotique est une coalition d’organisations sociales et de partis politiques qui soutiennent la révolution bolivarienne. Malgré quelques désaccords et tensions récurrentes, on y retrouve en général Patria para Todos (PPT), le Parti communiste (PCV), le mouvement Tupamaro, Podemos ou encore le Mouvement électoral du peuple (MEP). Cette coalition est dominée par le Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV), le parti officiel du chavisme.

[7Ronnie Rodriguez Rosas, Aliados del Polo Patriótico se le rebelan al PSUV con candidatos propios a las alcaldías, Efecto Cocuyo, 10 novembre 2017, http://efectococuyo.com/politica/al... ; ; Luigino Bracci, La candidatura de Eduardo Samán y la necesidad urgente de que Maduro se rodeé de nuevos cuadros, Aporrea, 4 décembre 2017, https://www.aporrea.org/actualidad/...

[8Caracas est composée de cinq municipalités autonomes : Baruta, Chacao, El Hatillo, Sucre et Libertador.

[9Luigino Bracci, La candidatura de Eduardo Samán y la necesidad urgente de que Maduro se rodeé de nuevos cuadros, Aporrea, 4 décembre 2017, https://www.aporrea.org/actualidad/...

[10Conozca los principales aportes de Eduardo Samán a la Revolución, ALAS Y RAÍCES, https://plus.google.com/10751052780...

[11Gringos espían a Eduardo Samán desde el 2004 según reveló Wikileaks, latabla.com / Aporrea, 12 novembre 2017, https://www.aporrea.org/tiburon/n31...

[12Jorge Martin, Venezuela’s Municipal Elections : Revolutionary Wing of Chavismo Challenges Bureaucracy, Venezuelanalysis / In Defence of Marxism, 6 décembre 2017, https://venezuelanalysis.com/analys...

[13Jorge Martin, Venezuela’s Municipal Elections : Revolutionary Wing of Chavismo Challenges Bureaucracy, Venezuelanalysis / In Defence of Marxism, 6 décembre 2017, https://venezuelanalysis.com/analys...

[14Prensa CROSP, Eduardo Samán es oficialmente candidato a la Alcaldía de Caracas, Aporrea, 13 novembre 2017, https://www.aporrea.org/actualidad/... ; ;
Jorge Martin, Venezuela’s Municipal Elections : Revolutionary Wing of Chavismo Challenges Bureaucracy, Venezuelanalysis /In Defence of Marxism, 6 décembre 2017, https://venezuelanalysis.com/analys...

[15Ces candidats étaient Rafael Uzcategui pour le PPT et Adelaida Zerpa pour le PCV.

[16Eduardo Samán : We Are Making the Revolution Within the Revolution, Venezuelanalysis, 8 décembre 2017, https://venezuelanalysis.com/analys...

[17Le Mouvement révolutionnaire des travailleurs (MRT), connu sous le nom de Tupamaros, a appuyé la candidature d’Oswaldo Rivero, un activiste social reconnu par la gauche du chavisme. Le 9 novembre, celui qui est aussi l’animateur de de l’émission de télévisions Zurda Kondukta a annoncé que les Tupamaros avaient retiré leur soutien pour le porter sur la candidate officielle du PSUV Erika Farias. Eduardo Samán lui a offert une position dans la direction collective de sa campagne.

[18Lire à ce propos Jorge Rodríguez es el ejemplo de cómo dejar la Alcaldía del Municipio Libertador como el "Rey de la Basura », Aporrea, 5 novembre 2017, https://www.aporrea.org/contraloria... ; ; Jorge Rodríguez deja el 23 de Enero en la completa desidia y ahogado en basura, Aporrea, 11 décembre 2017, https://www.aporrea.org/actualidad/...

[19Jorge Martin, Venezuela’s Municipal Elections : Revolutionary Wing of Chavismo Challenges Bureaucracy, Venezuelanalysis / In Defence of Marxism, 6 décembre 2017, https://venezuelanalysis.com/analys...

[20Eduardo Samán a été interview le 30 novembre sur ViveTv. Le scandale a éclaté quand il a révélé qu’à la suite de cette émission, le directeur et deux autres cadres de cette chaîne publique avaient été licenciés. Le directeur a contredit Samán en expliquant que comme il est de coutume quand un nouveau ministre de la Communication entre en fonction il n’avait fait que remettre son poste à la disposition du nouveau ministre et maire sortant de Libertador, Jorge Rodriguez.

Lire sur le sujet : Polémica dentro del chavismo por “despedida” del presidente de Vive TV, El Nacional, 1er décembre, http://www.el-nacional.com/noticias...

[21Corriente Marxista Lucha de Clases , ¿Por qué la dirección del Psuv está tratando de anular la candidatura de Eduardo Samán ?, Aporrea, 1é novembre 2017, https://www.aporrea.org/ideologia/a...

[22Constatation faite le samedi 9 décembre à 20h. Tant via Google que par les moteurs de recherche des sites, rien n’apparaît sur Eduardo Samán après le 14 novembre.

[23Luisana Colomine, Eduardo Samán : enfrentamos el mayor aparato de movilización en la historia política venezolana, Aporrea, 7 décembre 2017, https://www.aporrea.org/actualidad/...

[24A propos de El Maizal et des communes en général, lire Coral Wynter, Venezuela’s hidden rural revolution, Green-Left Weekly, 5 octobre 2017, https://www.greenleft.org.au/conten... ; ; Katrina Kozarek, Venezuela’s Communes : a Great Social Achievement, Counterpunch, 24 novembre 2017, https://www.counterpunch.org/2017/1... ; ; George Ciccariello-Maher, Venezuela : ¡Comuna o Nada !, Roar, 16 mars 2016, ttps ://roarmag.org/magazine/venezuela-communa-o-nada/

[25Jorge Martin, Venezuela’s Municipal Elections : Revolutionary Wing of Chavismo Challenges Bureaucracy, Venezuelanalysis / In Defence of Marxism, 6 décembre 2017, https://venezuelanalysis.com/analys...

[26Ley Orgánica de Procesos Electorales, article 52, http://www.cne.gob.ve/web/normativa...

[27Rachael Boothroyd Rojas, Commune Activist Refused Permission by ANC to Stand as Mayor, Venezuelanalysis, 29 novembre 2017, https://venezuelanalysis.com/news/13524

[28Julia Cardozo, Angel Prado el chavista que revolcó al PSUV en las elecciones, El Supuedto Negado, 13 décembre 2017, http://supuestonegado.com/web/angel...

[29Julia Cardozo, Angel Prado el chavista que revolcó al PSUV en las elecciones, El Supuedto Negado, 13 décembre 2017, http://supuestonegado.com/web/angel...

[30Le 24 novembre, la direction de l’ANC a remis au CNE un document daté du 7 novembre l’informant que les constituants ne pourront être candidats que si l’ANC l’autorise par écrit in Julia Cardozo, Angel Prado el chavista que revolcó al PSUV en las elecciones, El Supuesto Negado, 13 décembre 2017, http://supuestonegado.com/web/angel...

[31El pueblo de Simón Planas ejercerá su derecho a elegir a un comunero a la Alcaldía, Aporrea, 8 décembre, https://www.aporrea.org/regionales/...

[32Ángel Prado : "no vamos a permitir que con los votos nuestros se trate de dar el triunfo a otra persona », 12 décembre, https://audioboom.com/posts/6546044...

[33Tweet de @ComunaElMaizal le 10 décembre 20017 : https://twitter.com/ComunaElMaizal/...

[34Otra candidata rechazada por la ANC : Victoria Araujo para alcaldesa del municipio Sucre del estado Trujillo, Aporrea, 2 décembre 2017, https://www.aporrea.org/actualidad/...

[35Reinaldo Iturriza, Mucho más que unas alcaldías, Saber y Poder, 25 novembre 2017, https://elotrosaberypoder.wordpress...

[36George Ciccariello-Maher, Venezuela : ¡Comuna o Nada !, Roar, 16 mars 2016, ttps ://roarmag.org/magazine/venezuela-communa-o-nada/

[37Eugenio Martínez, Así es la correlación de fuerzas para los comicios de este domingo, Prodavinci, 6 décembre 2017, http://prodavinci.com/asi-es-la-cor...

[38« Environ 90% des militants dont le lieu de travail est enregistré auprès de l’Instituto Venezolano de Seguro Social sont des fonctionnaires publics. Parmi eux, 40% travaillent pour les administrations régionales et les mairies. Ce qui signifie que ces gouvernements décentralisés sont une immense agence d’emploi pour donner un salaire à des militants du PSUV. De cette manière, la ‘machine’ reste active et financée et la loyeuté de ces personnes est garantie.  » in Franz Von Bergen, ¿Cómo queda repartido el poder dentro del PSUV luego del 15-O ?, El Estímulo, 22 octobre 2017, http://elestimulo.com/blog/como-que...

[391/ Les élections des députés de l’Assemblée constituante le 30 juillet 2017 selon un mode de suffrage favorisant le gouvernement. 2/ les élections des gouverneurs le 15 octobre, deux fois reportées puis avancées et amputées (non renouvellement des conseillers législatifs des états). 3/ Les élections municipales le 10 décembre 2017 où les citoyens n’ont pu qu’élire les maires et et pas les conseils municipaux.

[40Reinaldo Iturriza López, Notas sobre la clase politica, Supuesto Negado, 6 novembre 2017, http://supuestonegado.com/web/notas...

[41Clodovaldo Hernández, La frustración de los ninguneados deja cicatrices en el chavismo, El Supuesto Negado, 4 décembre 2017, http://supuestonegado.com/web/ningu...

[42De « Bolivar » et « bourgeoisie » : hommes d’affaires, fonctionnaires et banquiers qui se sont considérablement enrichis sous Chavez et Maduro.

[43Venezuela : una révolution sans révolution, Entretien avec Marc Saint-Upery,
 propos recueillis par Charlotte Nordmann, La Revue des Livres n°8 / Mediapart, novembre/décembre 2012, https://blogs.mediapart.fr/patricio...

[44Vanessa Davies, Eduardo Samán sigue en pie : se propone aglutinar a la izquierda dentro del chavismo, Contrapunto, 12 décembre 2017, http://www.contrapunto.com/noticia/...

[45We Demand Recognition for the Chavista & Communard Peoples’ Right to Political Participation, Venezuelanalysis, 13 décembre 2017, https://venezuelanalysis.com/analys...

[47Le PPT a introduit un recours pour contester les résultats des élections auprès du Conseil national électoral. Il a été accepté. A suivre ...
Angel Prado a introduit quant à lui un recours auprès de la Cour suprême pour contester le règlement discriminatoire de l’Assemblée constituante qui lui a interdit de se présenter. sans réponse pour le moment.

Rachael Boothroyd Rojas, Venezuelan Electoral Authorities Give Green Light to Mayoral Appeals in Lara, Monagas, Venezuelanalysis, 30 janvier 2018, https://venezuelanalysis.com/news/13629

[49Hugo Prieto, Rafael Uzcátegui : “El supuesto gobierno de los pobres se quedó sin pobres”, Prodavinci, 30 avril 2017, http://prodavinci.com/2017/04/30/ac...

[50CNE emite primer boletín con resultados de elecciones municipales y de gobernador del Zulia, CNE, 10 décembre 2017, http://www.cne.gob.ve/web/sala_pren...

[51Conçu comme un stratagème de l’exécutif pour reprendre le contrôle de l’ensemble des pouvoirs publics, après la victoire de l’opposition aux législatives et la rébellion du Ministère public, la plénipotentiaire et supraconstitutionnelle Assemblée nationale constituante détient aujourd’hui tous les pouvoirs. Elle n’est composée que de partisans de la « révolution bolivarienne ». Sa direction se confond avec celle du PSUV et le gouvernement. Depuis son entrée en fonction, la Constitution de 1999 est mise entre parenthèses. Tous les pouvoirs constitués - de la Cour suprême au pouvoir électoral en passant par l’Assemblée nationale, - , doivent se soumettre. L’ANC doit rédiger un nouveau texte constitutionnel. Elle s’est donné un large délais de deux ans pour accomplir son devoir. De facto, l’Assemblée gouverne le pays par des lois/décrets constituants. Sans contrôle, sans contre-poids.

[52Le chavisme a remporté 18 des 23 postes de gouverneurs en jeu. Comme le gouverneur d’opposition de l’Etat de Zulia a refusé de prêter serment devant l’Assemblée nationale constituante, il a été destitué et une nouvelle élection a été organisée de 10 décembre dans l’état. Le chavisme l’a emporté.

[53Non organisation des élections dans les temps prévus, manipulation du calendrier électoral, non substitution sur les bulletins de vote de candidats qui se sont retirés, non publication des résultats détaillés par bureau de vote, amputation des élections (seuls les exécutifs des états et des municipalités ont été renouvelés le 15 octobre et le 10 décembre, pas leur pouvoir législatif), etc.

[54Eugenio Martínez, Así es la correlación de fuerzas para los comicios de este domingo, Prodavinci, 6 décembre 2017, http://prodavinci.com/asi-es-la-cor...

[55Le Grand pôle patriotique est une coalition d’organisations sociales et de partis politiques qui soutiennent la révolution bolivarienne. Malgré quelques désaccords et tensions récurrentes, on y retrouve en général Patria para Todos (PPT), le Parti communiste (PCV), le mouvement Tupamaro, Podemos ou encore le Mouvement électoral du peuple (MEP). Cette coalition est dominée par le Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV), le parti officiel du chavisme.

[56Ronnie Rodriguez Rosas, Aliados del Polo Patriótico se le rebelan al PSUV con candidatos propios a las alcaldías, Efecto Cocuyo, 10 novembre 2017, http://efectococuyo.com/politica/al... ; ; Luigino Bracci, La candidatura de Eduardo Samán y la necesidad urgente de que Maduro se rodeé de nuevos cuadros, Aporrea, 4 décembre 2017, https://www.aporrea.org/actualidad/...

[57Caracas est composée de cinq municipalités autonomes : Baruta, Chacao, El Hatillo, Sucre et Libertador.

[58Luigino Bracci, La candidatura de Eduardo Samán y la necesidad urgente de que Maduro se rodeé de nuevos cuadros, Aporrea, 4 décembre 2017, https://www.aporrea.org/actualidad/...

[59Conozca los principales aportes de Eduardo Samán a la Revolución, ALAS Y RAÍCES, https://plus.google.com/10751052780...

[60Gringos espían a Eduardo Samán desde el 2004 según reveló Wikileaks, latabla.com / Aporrea, 12 novembre 2017, https://www.aporrea.org/tiburon/n31...

[61Jorge Martin, Venezuela’s Municipal Elections : Revolutionary Wing of Chavismo Challenges Bureaucracy, Venezuelanalysis / In Defence of Marxism, 6 décembre 2017, https://venezuelanalysis.com/analys...

[62Jorge Martin, Venezuela’s Municipal Elections : Revolutionary Wing of Chavismo Challenges Bureaucracy, Venezuelanalysis / In Defence of Marxism, 6 décembre 2017, https://venezuelanalysis.com/analys...

[63Prensa CROSP, Eduardo Samán es oficialmente candidato a la Alcaldía de Caracas, Aporrea, 13 novembre 2017, https://www.aporrea.org/actualidad/... ; ;
Jorge Martin, Venezuela’s Municipal Elections : Revolutionary Wing of Chavismo Challenges Bureaucracy, Venezuelanalysis /In Defence of Marxism, 6 décembre 2017, https://venezuelanalysis.com/analys...

[64Ces candidats étaient Rafael Uzcategui pour le PPT et Adelaida Zerpa pour le PCV.

[65Eduardo Samán : We Are Making the Revolution Within the Revolution, Venezuelanalysis, 8 décembre 2017, https://venezuelanalysis.com/analys...

[66Le Mouvement révolutionnaire des travailleurs (MRT), connu sous le nom de Tupamaros, a appuyé la candidature d’Oswaldo Rivero, un activiste social reconnu par la gauche du chavisme. Le 9 novembre, celui qui est aussi l’animateur de de l’émission de télévisions Zurda Kondukta a annoncé que les Tupamaros avaient retiré leur soutien pour le porter sur la candidate officielle du PSUV Erika Farias. Eduardo Samán lui a offert une position dans la direction collective de sa campagne.

[67Lire à ce propos Jorge Rodríguez es el ejemplo de cómo dejar la Alcaldía del Municipio Libertador como el "Rey de la Basura », Aporrea, 5 novembre 2017, https://www.aporrea.org/contraloria... ; ; Jorge Rodríguez deja el 23 de Enero en la completa desidia y ahogado en basura, Aporrea, 11 décembre 2017, https://www.aporrea.org/actualidad/...

[68Jorge Martin, Venezuela’s Municipal Elections : Revolutionary Wing of Chavismo Challenges Bureaucracy, Venezuelanalysis / In Defence of Marxism, 6 décembre 2017, https://venezuelanalysis.com/analys...

[69Eduardo Samán a été interview le 30 novembre sur ViveTv. Le scandale a éclaté quand il a révélé qu’à la suite de cette émission, le directeur et deux autres cadres de cette chaîne publique avaient été licenciés. Le directeur a contredit Samán en expliquant que comme il est de coutume quand un nouveau ministre de la Communication entre en fonction il n’avait fait que remettre son poste à la disposition du nouveau ministre et maire sortant de Libertador, Jorge Rodriguez.

Lire sur le sujet : Polémica dentro del chavismo por “despedida” del presidente de Vive TV, El Nacional, 1er décembre, http://www.el-nacional.com/noticias...

[70Corriente Marxista Lucha de Clases , ¿Por qué la dirección del Psuv está tratando de anular la candidatura de Eduardo Samán ?, Aporrea, 1é novembre 2017, https://www.aporrea.org/ideologia/a...

[71Constatation faite le samedi 9 décembre à 20h. Tant via Google que par les moteurs de recherche des sites, rien n’apparaît sur Eduardo Samán après le 14 novembre.

[72Luisana Colomine, Eduardo Samán : enfrentamos el mayor aparato de movilización en la historia política venezolana, Aporrea, 7 décembre 2017, https://www.aporrea.org/actualidad/...

[73A propos de El Maizal et des communes en général, lire Coral Wynter, Venezuela’s hidden rural revolution, Green-Left Weekly, 5 octobre 2017, https://www.greenleft.org.au/conten... ; ; Katrina Kozarek, Venezuela’s Communes : a Great Social Achievement, Counterpunch, 24 novembre 2017, https://www.counterpunch.org/2017/1... ; ; George Ciccariello-Maher, Venezuela : ¡Comuna o Nada !, Roar, 16 mars 2016, ttps ://roarmag.org/magazine/venezuela-communa-o-nada/

[74Jorge Martin, Venezuela’s Municipal Elections : Revolutionary Wing of Chavismo Challenges Bureaucracy, Venezuelanalysis / In Defence of Marxism, 6 décembre 2017, https://venezuelanalysis.com/analys...

[75Ley Orgánica de Procesos Electorales, article 52, http://www.cne.gob.ve/web/normativa...

[76Rachael Boothroyd Rojas, Commune Activist Refused Permission by ANC to Stand as Mayor, Venezuelanalysis, 29 novembre 2017, https://venezuelanalysis.com/news/13524

[77Julia Cardozo, Angel Prado el chavista que revolcó al PSUV en las elecciones, El Supuedto Negado, 13 décembre 2017, http://supuestonegado.com/web/angel...

[78Julia Cardozo, Angel Prado el chavista que revolcó al PSUV en las elecciones, El Supuedto Negado, 13 décembre 2017, http://supuestonegado.com/web/angel...

[79Le 24 novembre, la direction de l’ANC a remis au CNE un document daté du 7 novembre l’informant que les constituants ne pourront être candidats que si l’ANC l’autorise par écrit in Julia Cardozo, Angel Prado el chavista que revolcó al PSUV en las elecciones, El Supuesto Negado, 13 décembre 2017, http://supuestonegado.com/web/angel...

[80El pueblo de Simón Planas ejercerá su derecho a elegir a un comunero a la Alcaldía, Aporrea, 8 décembre, https://www.aporrea.org/regionales/...

[81Ángel Prado : "no vamos a permitir que con los votos nuestros se trate de dar el triunfo a otra persona », 12 décembre, https://audioboom.com/posts/6546044...

[82Tweet de @ComunaElMaizal le 10 décembre 20017 : https://twitter.com/ComunaElMaizal/...

[83Otra candidata rechazada por la ANC : Victoria Araujo para alcaldesa del municipio Sucre del estado Trujillo, Aporrea, 2 décembre 2017, https://www.aporrea.org/actualidad/...

[84Reinaldo Iturriza, Mucho más que unas alcaldías, Saber y Poder, 25 novembre 2017, https://elotrosaberypoder.wordpress...

[85George Ciccariello-Maher, Venezuela : ¡Comuna o Nada !, Roar, 16 mars 2016, ttps ://roarmag.org/magazine/venezuela-communa-o-nada/

[86Eugenio Martínez, Así es la correlación de fuerzas para los comicios de este domingo, Prodavinci, 6 décembre 2017, http://prodavinci.com/asi-es-la-cor...

[87« Environ 90% des militants dont le lieu de travail est enregistré auprès de l’Instituto Venezolano de Seguro Social sont des fonctionnaires publics. Parmi eux, 40% travaillent pour les administrations régionales et les mairies. Ce qui signifie que ces gouvernements décentralisés sont une immense agence d’emploi pour donner un salaire à des militants du PSUV. De cette manière, la ‘machine’ reste active et financée et la loyeuté de ces personnes est garantie.  » in Franz Von Bergen, ¿Cómo queda repartido el poder dentro del PSUV luego del 15-O ?, El Estímulo, 22 octobre 2017, http://elestimulo.com/blog/como-que...

[881/ Les élections des députés de l’Assemblée constituante le 30 juillet 2017 selon un mode de suffrage favorisant le gouvernement. 2/ les élections des gouverneurs le 15 octobre, deux fois reportées puis avancées et amputées (non renouvellement des conseillers législatifs des états). 3/ Les élections municipales le 10 décembre 2017 où les citoyens n’ont pu qu’élire les maires et et pas les conseils municipaux.

[89Reinaldo Iturriza López, Notas sobre la clase politica, Supuesto Negado, 6 novembre 2017, http://supuestonegado.com/web/notas...

[90Clodovaldo Hernández, La frustración de los ninguneados deja cicatrices en el chavismo, El Supuesto Negado, 4 décembre 2017, http://supuestonegado.com/web/ningu...

[91De « Bolivar » et « bourgeoisie » : hommes d’affaires, fonctionnaires et banquiers qui se sont considérablement enrichis sous Chavez et Maduro.

[92Venezuela : una révolution sans révolution, Entretien avec Marc Saint-Upery,
 propos recueillis par Charlotte Nordmann, La Revue des Livres n°8 / Mediapart, novembre/décembre 2012, https://blogs.mediapart.fr/patricio...

[93Vanessa Davies, Eduardo Samán sigue en pie : se propone aglutinar a la izquierda dentro del chavismo, Contrapunto, 12 décembre 2017, http://www.contrapunto.com/noticia/...

[94We Demand Recognition for the Chavista & Communard Peoples’ Right to Political Participation, Venezuelanalysis, 13 décembre 2017, https://venezuelanalysis.com/analys...

[96Le PPT a introduit un recours pour contester les résultats des élections auprès du Conseil national électoral. Il a été accepté. A suivre ...
Angel Prado a introduit quant à lui un recours auprès de la Cour suprême pour contester le règlement discriminatoire de l’Assemblée constituante qui lui a interdit de se présenter. sans réponse pour le moment.

Rachael Boothroyd Rojas, Venezuelan Electoral Authorities Give Green Light to Mayoral Appeals in Lara, Monagas, Venezuelanalysis, 30 janvier 2018, https://venezuelanalysis.com/news/13629

[98Hugo Prieto, Rafael Uzcátegui : “El supuesto gobierno de los pobres se quedó sin pobres”, Prodavinci, 30 avril 2017, http://prodavinci.com/2017/04/30/ac...

Tags

Lire aussi

Le service de sécurité protège le président Maduro
Opinion

Ce que l’attaque aux drones dit du Venezuela

Il n’y a pas meilleure métaphore pour décrire le gouvernement du président Nicolás Maduro. Au cours d’une parade militaire censée le faire apparaître comme un puissant commandant en chef, une explosion l’a interrompu en plein milieu d’un discours....


Inscrivez-vous à la Newsletter

2018 © Tous droits réservés.