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Rubén González. Emprisonné pour défendre les droits des travailleurs

Conscient qu’il pourrait finir en prison, le dirigeant syndical Rubén González n’a jamais cessé de dénoncer à vive voix et sans hésitation les abus commis par le gouvernement contre son syndicat. Cet ancien partisan de la « révolution » a déjà connu la prison il y a une décennie avant de voir sa condamnation annulée. Le 30 novembre 2018, un tribunal militaire l’a renvoyé derrière les barreaux.

Clavel Rangel

25 mai 2019

« Accompagnez-nous au poste  », ordonna l’un des gardes nationaux à Rubén González, après avoir vérifié sa carte d’identité. 

C’était le mercredi 29 novembre 2018, peu après 1h du matin. Sur la route de l’est du Venezuela, des dirigeants syndicaux et des travailleurs en provenance de Caracas retournaient à Ciudad Guayana, après avoir participé à une marche qu’ils considéraient comme historique.

Dans un pays où la protestation a un coût politique élevé, des dirigeants de syndicats dissidents [non gouvernementaux, ndlr] s’étaient rassemblés dans le centre de la capitale et avaient parcouru plusieurs pâtés de maisons, de la place Morelos à la Defensoría del Pueblo Defensoría del Pueblo
Defensora del Pueblo
Defensor del Pueblo
La Defensoría del pueblo est une institution publique chargée de surveiller le respect des droits humains et de défendre les citoyens.
. Ils n’avaient plus manifesté depuis longtemps à cause de la répression des forces de l’ordre. Cette fois-ci, il n’y eut ni plomb ni gaz lacrymogène.

Mais sur le chemin du retour vers leur domicile, dans le sud du pays, un contingent militaire les intercepta au poste de contrôle d’Anaco, dans l’État d’Anzoátegui. Plus de 30 membres de la Garde nationale bolivarienne (GNB) et de la Direction générale du contre-espionnage militaire (DGCIM DGCIM La DGCIM, Direction général du contre-renseignement militaire. ) stoppèrent les bus. L’un des agents avait deux noms écrits sur une feuille de papier, dont celui de Rubén González, secrétaire général du Sintraferrominera, le syndicat des travailleurs de l’entreprise publique Ferrominera. Quelques heures auparavant, celui-ci proclamait devant les caméras que Nicolás Maduro et son gouvernement allaient devoir partir tôt ou tard, parce qu’ils avaient « semé dans le pays faim, misère et destruction ».

Rubén González évitait son arrestation depuis presque quatre mois. [1]

Tout commença le 6 août 2018 quand les travailleurs sortirent une première fois dans les rues de Ciudad Píar pour protester contre la décision unilatérale du gouvernement de toucher aux grilles salariales de l’administration publique. Logiquement, le leadership de cette lutte est revenu à González. Sintraferrominera est le deuxième syndicat le plus important de cette région industrielle et son secrétaire général est le seul dirigeant légitimement élu qui ne s’est jamais tu face aux menaces officielles et aux manœuvres judiciaires à répétition.

Ferrominera est l’une des rares entreprises de la région de Guyana [siège de l’industrie lourde du pays, ndlr] qui produit et exporte encore des matières premières. Le syndicat Sintraferrominera et celui de l’entreprise publique de sidérurgie Sidor SIDOR Sidérurgie de l’Orénoque, SIDOR (Siderúrgica del Orinoco Alfredo Maneiro) est la principale aciérie du Venezuela et l’une des principales d’Amérique latine. Ce complexe est situé dans la zone industrielle de Matanzas à Ciudad Guayana, dans l’État de Bolívar, sud-est du Venezuela. Créée en 1960, elle fut privatisée au bénéfice de la multinationale italo-argentine Techint en 1997. Suite à un long conflit social, le gouvernement Chávez décida de la nationaliser en 2007.  [2] sont tous deux sous la tutelle de la Cour suprême depuis 2014. [3]

Une semaine après le début de la grève du 6 août, des agents de la GNB et du SEBIN SEBIN Le Servicio Bolivariano de Inteligencia Nacional (Sebin) est la police politique vénézuélienne. Il a été créé en 2009 pour remplacer la DISIP. , la police politique, ont pénétré dans la maison de González, située à Ciudad Píar, à environ 45 minutes de l’usine, au pied des mines où le fer est extrait pour être acheminé aux usines de transformation de Ciudad Guyana.

Quelques minutes auparavant, à la fin de l’habituelle assemblée des travailleurs au portail de la mine de San Isidro, deux gardes nationaux s’étaient approchés de lui pour le sommer de les accompagner au poste.

« Mais qu’est ce qui se passe ? Je suis en état d’arrestation ou pas ?  », leur avait-t-il demandé.

Les fonctionnaires n’avaient pas répondu et avaient essayé de le faire sortir de la camionnette au volant de laquelle il se trouvait. Rubén avait alors appuyé sur le champignon, mais les gardes avaient réussi à monter à l’arrière. La manœuvre se termina chez lui, où les militaires prirent des photos, tandis que ses proches leur demandaient de partir. Cela se termina en bagarre. 

Rubén González a vécu presque toute sa vie sur ces terres couleur orange. Sa maison blanche, discrète mais grande, bordée d’un jardin et de manguiers est située à Ciudad Píar, cette ville chaude où plus de 90% des habitants vivent et dépendent de l’activité de Ferrominera Orinoco. 

En 2005, trois ans avant de prendre la tête de la lutte syndicale et quatre avant sa première arrestation pour avoir dirigé une grève, il fut élu conseiller municipal avec 52% des voix, grâce aux votes des chavistes. En 2009, un tribunal l’emprisonna pour une histoire similaire sur base de quatre chefs d’accusation. Après 17 mois d’incarcération, il fut condamné à sept ans de prison, mais la Cour suprême annula le jugement le lendemain.

C’est dans sa maison de Ciudad Píar qu’il a élevé ses enfants - Yarudid, Rubi, Yhezzy et Rubenny - et qu’il a vécu avec eux, ses 14 petits-enfants et son épouse, Yadid de González, la femme qui l’a accompagné toute sa vie. C’est de cette même maison qu’il fut forcé de fuir pendant plus d’une semaine, après la vaine tentative de la Garde nationale de l’arrêter le 13 août. Cette fois-là, il était parvenu à s’échapper, mais ce n’était que partie remise.

Trois mois plus tard, dans la matinée du 1er novembre 2018, González fit une nouvelle démonstration de son abnégation lorsque des militaires ouvrirent le feu pour disperser les grévistes. Au cours de cette grève de presque trois mois, pas un gramme de minerai de fer n’a été traité.

Ce jour-là, à l’entrée principale de l’usine de Ciudad Guayana, plus de sept soldats armés de fusils automatiques tentèrent de déplacer une camionnette blanche qui bloquait l’accès à Ferrominera Orinoco. Mais les travailleurs opposèrent une résistance.

« Vous allez devoir nous tuer », dirent-ils aux soldats en approche. Puis il y eut des coups de feu. Un, deux, trois, quatre, cinq, six. 

« On ne demande rien. Ce qu’on vous dit, oui, à vous, c’est que vous ne soyez pas des dictateurs  », proclama González, entouré d’une vingtaine d’hommes vêtus de chemises kaki, sous le soleil, éblouis, avec des cartouches en mains comme s’il s’agissait de billes.

Rubén González. Emprisonné pour défendre les droits des travailleurs

« Nicolas Maduro, tu crois qu’avec 3 000 ou 4 000 bolivars, un travailleur peut acheter quelque chose ? Je t’invite à essayer d’acheter quelque chose. Maintenant, on ne peut même plus protester parce qu’ils envoient l’armée pour nous tirer dessus », dénonça-il fermement, en fixant une caméra qui l’enregistrait. La vidéo circula ensuite sur les réseaux sociaux. Autrefois, un tel épisode aurait suffi pour déclencher une grève générale dans le sud du pays et même ailleurs.

Vingt-sept jours après cet événement, Rubén González, accompagné d’une vingtaine de dirigeants syndicaux de la région de Guayana et de plus de 50 travailleurs prirent la route de Caracas. Huit heures de trajet pour traverser le pays. Ils se rendaient à l’audience du mineur Rodney Álvarez (voir l’encadré ci-dessous), un travailleur accusé d’homicide et qu’ils considèrent comme un prisonnier politique. Leur voyage avait aussi pour objectif de participer, le mercredi 28 novembre, à une marche qu’ils pensaient être un moment clé dans la lutte ouvrière. Le mouvement syndical exigeait le respect des conventions collectives face à un récent sale coup porté aux négociations collectives par le gouvernement. [4]

Face à la manœuvre gouvernementale, une nouvelle tentative de regroupement syndical, l’Intersectorial de Trabajadores, s’est mise en place pour contrer les mesures du patron-gouvernement. Elle cherche à faire converger les syndicats du pays au sein d’une seule plateforme de lutte.

Le conflit a gagné en intensité, surtout pour les travailleurs de FEROMINERA. Le jour même où González partait pour Caracas, un commando de la DGCIM arrêta par surprise sept travailleurs grévistes à la porte de l’entreprise. Quelques mois auparavant, elle en avait arrêté deux autres. 

« Nous avons des camarades dans les geôles du gouvernement parce qu’ils ont fait grève. Je veux te dire, Nicolás Maduro, que tu es un gouvernement oppressif, un dictateur, et tu mens quand tu te dis ouvriériste », dénonça Rubén González, avec force, depuis le centre de Caracas.

La présence de González dans cette marche était symbolique. Les travailleurs de Guyana représentent historiquement l’avant- garde des luttes syndicales. En 2009, son arrestation et son procès pour avoir mené une grève furent à l’origine d’une des premières tentatives de regroupement du mouvement syndical de la région : le Frente Autónomo en Defensa del Empleo, el Salario y el Sindicato (FADESS). Ce fut l’un des rares cas où l’Organisation internationale du Travail (OIT) se prononça sans sourcilleren demandant à l’État de le libérer et de lui accorder une indemnisation immédiate. C’est entre autres cette déclaration qui contraignit le gouvernement à annuler la peine de sept ans et huit mois d’emprisonnement prononcée à son encontre. Il fut alors rejugé lors d’un second procès qui aboutit sur à sa mise en liberté en 2011.

Mais en 2018 les choses ont changé. La persécution s’est étendue aux travailleurs. Et même si la manifestation du 28 novembre à Caracas fut une réussite, elle n’a pas connu de fin heureuse.

Après que le garde national ait sommé Rubén González de le suivre, il y eut des discussions. Personne ne voulait descendre des bus, mais ils n’eurent pas le choix. Ils furent soudainement encerclés par plus de 200 soldats de la Garde nationale et un véhicule anti-émeutes. Il céda finalement et fut informé qu’il était arrêté pour un incident survenu en août, à son domicile. Motif d’inculpation : « agression d’un responsable militaire  » [5].

Il passa la nuit et la matinée au commandement de la GNB à Anaco et fut ensuite présenté devant un tribunal militaire à Ciudad Bolivar. Quant à ses camarades, ils purent continuer leur route vers Ciudad Guayana d’où ils dénoncèrent l’arrestation de leur secrétaire général.

L’audience se tint finalement à Maturín où son lieu de détention fut déterminé : le centre de détention de Monagas, connu comme la prison de La Pica, où sont reclus d’autres prisonniers politiques.

Le même 30 novembre 2018, un tribunal de contrôle ordonna que les neuf travailleurs de Ferrominera, détenus deux jours auparavant, soient envoyés à la prison d’El Dorado, le centre de détention de l’État de Bolivar dans la municipalité de Sifontes. Là-bas, ils partagent une cellule avec sept autres travailleurs de la CVG Venalum, l’entreprise publique d’aluminium, également emprisonnés pour avoir protesté. Cela porte à 15 le nombre de travailleurs de la région détenus pour avoir défendu le droit à la négociation collective.

Un chapitre de la vie de Rubén González se termine. Un chapitre de plus. Mais le courage de ces hommes qui extraient le fer les aidera probablement à écrire les chapitres à venir.


Le 20 mars 2019, les neufs travailleurs incarcérés de FERROMINERA ont bénéficié d’une libération conditionnelle sous « régime de présentation », à la veille de la visite d’une mission du Bureau du Haut-Commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU. Quant à Rubén González, sa détention a été confirmée par la justice militaire le 20 février. On attend son procès.

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Clavel Rangel

Clavel Rangel

Journaliste formée au Correo del Caroní, avec une expérience dans l'investigation et la couverture du monde du travail vénézuélien. Collaboratrice d'IPYS .

[1[NDLR] Il y avait un mandat d’arrestation depuis le 20 août 2018 selon des fonctionnaires de la Garde nationale et de la DGCIM.

[2[NDLR] Sidérurgie de l’Orénoque, SIDOR est la principale aciérie du Venezuela et l’une des principales d’Amérique latine. Ce complexe est situé dans la zone industrielle de Matanzas à Ciudad Guayana, dans l’État de Bolívar, sud-est du Venezuela. Créée en 1960, elle fut privatisée au bénéfice de la multinationale italo-argentine Techint en 1997. Suite à un long conflit social, le gouvernement Chávez décida de la nationaliser en 2007.

[3[NDLR] Avec l’arrivée au pouvoir du chavisme, plusieurs mesures controversées, et critiquées par l’OIT, ont été imposées au mouvement syndical, dont notamment la désignation du Conseil national électoral (CNE) comme organe en charge de l’organisation des élections syndicales. Il s’agit d’une intromission de l’État dans les affaires syndicales, même si ce n’est pas nouveau au Venezuela. Comme l’explique Milton D’León, plusieurs élections de renouvellement de directions syndicales ont ainsi été suspendues ces dernières années par la salle électorale de la Cour suprême ou mises sous tutelle du Conseil national électoral (CNE) en particulier dans la zone industrielle de Guayana. C’est le cas du Sintraferrominera. Les élections étaient prévues en mai 2016, mais la Cour suprême a suspendu le scrutin trois jours avant suite à un recours de deux affiliés. Sintraferrominera a donc été privée d’élections, à l’instar du SUTISS, le syndicat de l’entreprise sidérurgique publique SIDOR en janvier 2015 sur base d’arguments similaires ou Sintracomsigua, le syndicat du Complexe sidérurgique Guayana. Dans chaque cas, les blocages et recours proviennent des files de courants liés au PSUV, le parti du gouvernement. Comme l’explique Thomas Posado, « l’ajournement des comices trahit la crainte du gouvernement de voir des opposants, souvent de gauche, l’emporte  ».

[4[NDLR] Le 20 aout, le gouvernement a présenté un programme de « récupération économique » combiné à une reconversion monétaire. Parmi les mesures annoncées, le « président ouvrier », comme il aime, à se présenter, a décrété l’augmentation du salaire minimum. Cette mesure unilatérale a notamment été accompagnée d’une dévaluation de la monnaie de 95% et d’une augmentation de la TVA. Mais ce qui a déclenché la colère du monde du travail, c’est qu’en annonçant ce programme de réformes, Nicolas Maduro et les syndicats gouvernementaux ont fait table rase d’une série de droits du mouvement ouvrier en suspendant des conventions collectives et toute une série d’avantages conquis par les salariés et ont procédé à une égalisation des salaires vers le bas dans la fonction publique.

[5[NDLR] il y a eu en fait trois chefs d’accusation : « attaque à sentinelle », « outrage à sentinelle » et « outrage à la Force armée nationale bolivarienne ».

[6[NDLR] Il y avait un mandat d’arrestation depuis le 20 août 2018 selon des fonctionnaires de la Garde nationale et de la DGCIM.

[7[NDLR] Sidérurgie de l’Orénoque, SIDOR est la principale aciérie du Venezuela et l’une des principales d’Amérique latine. Ce complexe est situé dans la zone industrielle de Matanzas à Ciudad Guayana, dans l’État de Bolívar, sud-est du Venezuela. Créée en 1960, elle fut privatisée au bénéfice de la multinationale italo-argentine Techint en 1997. Suite à un long conflit social, le gouvernement Chávez décida de la nationaliser en 2007.

[8[NDLR] Avec l’arrivée au pouvoir du chavisme, plusieurs mesures controversées, et critiquées par l’OIT, ont été imposées au mouvement syndical, dont notamment la désignation du Conseil national électoral (CNE) comme organe en charge de l’organisation des élections syndicales. Il s’agit d’une intromission de l’État dans les affaires syndicales, même si ce n’est pas nouveau au Venezuela. Comme l’explique Milton D’León, plusieurs élections de renouvellement de directions syndicales ont ainsi été suspendues ces dernières années par la salle électorale de la Cour suprême ou mises sous tutelle du Conseil national électoral (CNE) en particulier dans la zone industrielle de Guayana. C’est le cas du Sintraferrominera. Les élections étaient prévues en mai 2016, mais la Cour suprême a suspendu le scrutin trois jours avant suite à un recours de deux affiliés. Sintraferrominera a donc été privée d’élections, à l’instar du SUTISS, le syndicat de l’entreprise sidérurgique publique SIDOR en janvier 2015 sur base d’arguments similaires ou Sintracomsigua, le syndicat du Complexe sidérurgique Guayana. Dans chaque cas, les blocages et recours proviennent des files de courants liés au PSUV, le parti du gouvernement. Comme l’explique Thomas Posado, « l’ajournement des comices trahit la crainte du gouvernement de voir des opposants, souvent de gauche, l’emporte  ».

[9[NDLR] Le 20 aout, le gouvernement a présenté un programme de « récupération économique » combiné à une reconversion monétaire. Parmi les mesures annoncées, le « président ouvrier », comme il aime, à se présenter, a décrété l’augmentation du salaire minimum. Cette mesure unilatérale a notamment été accompagnée d’une dévaluation de la monnaie de 95% et d’une augmentation de la TVA. Mais ce qui a déclenché la colère du monde du travail, c’est qu’en annonçant ce programme de réformes, Nicolas Maduro et les syndicats gouvernementaux ont fait table rase d’une série de droits du mouvement ouvrier en suspendant des conventions collectives et toute une série d’avantages conquis par les salariés et ont procédé à une égalisation des salaires vers le bas dans la fonction publique.

[10[NDLR] il y a eu en fait trois chefs d’accusation : « attaque à sentinelle », « outrage à sentinelle » et « outrage à la Force armée nationale bolivarienne ».

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Traduction
  • Fabien Henocque, Barril.info.

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Rodney Álvarez, prisonnier politique depuis huit ans

Rodney Álvarez était ouvrier chez Ferrominera Orinoco. Le 9 juin 2011, lors d’une assemblée de travailleurs de l’entreprise publique, qui avait pour objectif l’élection de la commission électorale du syndicat, deux coups de feu touchent mortellement son collègue Renny Rojas. Les témoignages des participants à l’assemblée et les caméras de sécurité indiquent que l’auteur de ces tirs mortels est Héctor Maicán, dirigeant syndical et militant du PSUV PSUV
Parti socialiste unifié du Venezuela
Le Parti socialiste unifié du Venezuela est le parti politique fondé en 2006 par Hugo Chavez pour remplacer le Mouvement Cinquième République.
, le parti du gouvernement.

Lorsque Héctor Maicán tente de fuir les lieux, il est arrêté par des gardes nationaux, qui confisquent son arme. Le lendemain, le Ministère public annonce qu’Héctor Maicán est en détention pour sa responsabilité présumée dans la mort de Renny Rojas, mais deux jours plus tard, il est libéré, car les tests balistiques ne concordaient pas.

Selon les défenseurs de Rodney Álvarez, le pouvoir local de l’époque, l’ancien gouverneur et militaire Francisco Rangel Gómez, étroitement lié aux mafias syndicales du PSUV dans l’État de Bolívar, a fait pression pour la libération du criminel et l’incrimination de Rodney Álvarez comme auteur présumé des tirs.

Selon les témoignages, Rodney Álvarez était au moment des faits loin du lieu où s’est produit la fusillade.

La bureaucratie d’État et syndicale de l’Etat de Bolivar avait besoin de faire porter le chapeau à un autre travailleur afin de libérer Héctor Maicán de toute responsabilité pénale. En outre, Rodney Álvarez faisait partie des travailleurs qui avaient promu, sous la direction de Rubén González, un syndicalisme indépendant et combatif à Ferrominera Orinoco, pour défendre la négociation collective et lutter contre la sous-traitance.

L’affaire a été transférée à un tribunal de Caracas, loin de ses collègues de Ferrominera Orinoco. Emprisonné depuis presque huit ans, il attend son procès.

Entretemps, même s’il n’a pas encore été jugé pour le crime qu’on lui impute, il a été licencié de Ferrominera Orinoco et ses enfants ont été par conséquent exclus de l’école de cette entreprise publique. Son épouse a été contrainte de déménager dans la zone minière de l’État de Bolívar afin d’obtenir un revenu lui permettant de subvenir à l’éducation de leurs trois enfants. La mère de Rodney Álvarez, quant à elle, doit donc s’occuper de ses petits-enfants.

F.L., selon C-Cura.

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