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Le Venezuela après l’investiture de Maduro

Michael Penfold

11 janvier 2019

Le Venezuela a sombré dans l’abime. Il n’y a pas d’autre façon de le dire. Le 10 janvier signifie l’intronisation au pouvoir d’une classe politique qui a opté pour le démantèlement de l’État de droit et l’abandon de tout vestige d’origine démocratique, un choix volontaire d’une partie du chavisme Chavisme Le terme « chavisme »est utilisé pour décrire le(s) courant(s) politiques revendiquant l’héritage de Hugo Chavez, décédé en 2013. , ainsi que de l’establishment militaire. Il faut désormais s’attendre à partir de cette date et dans la dynamique actuelle à la banalisation de l’anarchie, un isolement international grandissant et l’effondrement définitif de l’économie vénézuélienne.

Ceux qui pensent qu’après avoir franchi ce seuil, il est possible d’ouvrir d’autres portes se trompent : soit il y a un changement politique qui conduit à rétablir l’ordre constitutionnel et démocratique, soit le pays sombre.

La situation est si dramatique que les différentes façons dont le changement pourrait se produire commencent à perdre toute pertinence. La seule chose importante est que cela se concrétise le plus tôt possible. Certains peuvent préférer la voie de la négociation, d’autres une fracture interne [au sein du chavisme, ndlr] et même d’autres encore une rupture radicale, mais ce qui est certain, c’est qu’à ce stade, l’essentiel est de mettre un terme à la destruction totale du pays.

Le Venezuela est en faillite totale. 2018 a vu s’accélérer la plus grande détérioration économique et sociale de notre histoire républicaine. À la fin de l’année dernière, nous avions déjà perdu la moitié de la taille de notre économie. L’accélération de l’hyperinflation Hyperinflation Le phénomène de l’hyperinflation correspond à une inflation excessivement élevée et incontrôlable. On parle réellement d’hyperinflation lorsque les prix augmentent de plus de 50% par mois. Les pays y étant confrontés sont généralement conduits à une crise monétaire et économique. n’a pas de précédent historique en Amérique latine. La vague de migration a pris des proportions colossales. Et en moins de 10 mois, nous avons perdu, selon des sources secondaires, plus de 650 000 barils de pétrole par jour, soit près de la moitié de la baisse de la production enregistrée au cours des quatre dernières années.

Certains observateurs avisés demanderont à juste titre : comment le gouvernement a-t-il survécu à une telle débâcle ? La réponse à cette question englobe un très large ensemble de facteurs : en restreignant la compétition électorale, en promouvant la fuite de la population, en cessant de payer la dette extérieure (qui a permis de disposer de plus de 8 milliards de dollars de ressources supplémentaires), en conditionnant politiquement les aides sociales directes et indirectes [donnant-donnant, loyauté électorale contre aides sociales , ndlr], en permettant l’extraction de l’or sans prendre en compte le cout environnemental (plus de 1 milliard de dollars en exportations), en contrôlant strictement les importations et en divisant l’opposition. Pour survivre, le gouvernement a agi avec indolence. Ces mêmes observateurs pourraient alors se demander : pourquoi ne répèterait-il pas la même formule en 2019 ?

Le gouvernement s’efforcera de consolider certaines de ces actions tout au long de la nouvelle année afin de rester au pouvoir, en particulier ceux qui ont fonctionné dans le domaine politique et social. Cependant, la possibilité d’en faire de même au niveau économique est très limitée. La production moyenne de pétrole pour l’ensemble de l’année 2018 a été de 1,3 million de barils par jour et la production moyenne pour 2019, avec des prix qui ont baissé en raison du ralentissement de l’économie mondiale, sera proche de 950 000 barils par jour. Cet effondrement productif et la baisse des prix du pétrole se traduisent par une perte de revenus beaucoup plus importante que celle que nous subissions auparavant. Ainsi, même si on continue à être en défaut de paiement sur les dettes et à exporter la même quantité d’or, Maduro devra faire face à d’importantes contraintes extérieures.

Pour combler la brèche, le gouvernement est peut-être prêt à poursuivre la réduction des importations, mais elles sont déjà à un niveau si bas que la pression sociale pourrait être trop forte. Cette pression, conjuguée à l’hyperinflation, finira par aggraver un climat social de plus en plus tendu au niveau national, qui verra un accroissement des inégalités et de l’extrême pauvreté. Cela accélèrera à son tour le problème de la migration vers le Brésil et la Colombie, et finira par rendre la question vénézuélienne encore plus sensible. Contrairement à ce que le gouvernement attend, la Russie et la Chine ne viendront pas non plus à la rescousse : la tache est trop grande. Les deux pays ont déjà commencé à montrer plus d’intérêt à la coopération politique qu’à la coopération économique et financière. Cuba commence aussi à reconnaitre, en privé, auprès de certains pays d’Amérique latine, mais surtout avec certains pays européens, qu’elle a un gros problème au Venezuela.

Face à cette réalité, Nicolás Maduro n’aura d’autre choix que de rendre le marché des changes de plus en plus flexible, en espérant que ce qui reste d’un secteur privé extrêmement affaibli finance directement une partie des importations du pays. Il cèdera également à ses partenaires internationaux actuels un plus grand contrôle sur la ceinture de l’Orénoque Ceinture de l'Orénoque On appelle Ceinture de l’Orénoque une zone géographique en forme de ceinture est-ouest, située dans le nord du bassin de l’Orénoque vénézuélien. Sa surface est de 55 314 kilomètres carrés. Elle s’étend sur le territoire des États d’Anzoátegui, de Monagas et de Guárico. Elle recèlerait pas moins de 1 360 milliards de barils de pétrole liquide lourd et extra lourd, dont au moins 17 % économiquement exploitables (235 milliards de barils).

Source : Wikipedia
[où se situent les principales réserves pétrolière du pays, ndlr], en cherchant à garantir une production minimum de pétrole lourd. De même, PDVSA PDVSA
Petróleos de Venezuela
Petróleos de Venezuela SA est la compagnie nationale publique de pétrole du Venezuela.
pourrait accroitre les contrats de service à des tiers, dans l’espoir de stopper l’effondrement de la production de pétrole conventionnel. Cependant, il y a peu de choses qu’un secteur privé puisse financer sans sécurité juridique, sans accès au crédit international et avec un marché intérieur qui se rétrécit. L’ampleur de la destruction productive du pays est trop grande.

Le secteur privé ne peut pas non plus faire grand-chose dans le secteur pétrolier. Les besoins en investissements pour réactiver les puits de pétrole brut Pétrole brut « Pétrole brut » (ou « brut », crude en anglais) désigne le pétrole issu d’un gisement naturel, et que l’on exploite sous forme liquide à la pression atmosphérique. Cette appellation désigne donc un produit naturel avant raffinage, mais qui a déjà perdu une partie de sa composition de gisement, la fraction d’hydrocarbures légers quittant la phase liquide sur le lieu même de son exploitation. léger sont extrêmement élevés et il sera difficile d’attirer des investissements avec les sanctions internationales existantes et les contrats qui ne bénéficient pas du soutien légal de l’Assemblée nationale [Contrôlée par l’opposition, elle a été mise hors-jeu par le Cour suprême mais constitutionnellement elle doit donner son approbation, chose qu’elle vient de refuser, ndlr]. En fin de compte, aucune de ces mesures ne peut être crédible dans le cadre de la faillite institutionnelle et financière du pays. Le gouvernement commence à reconnaitre cette réalité. Selon certains médias internationaux, un contrat de services pétroliers récemment attribué de manière opaque à un consortium américain au lac de Maracaibo - le plus important jamais signé - ne sera validé que si le département du Trésor américain accorde une licence à cette société pour opérer dans le cadre des sanctions auxquelles le Venezuela et PDVSA sont soumis. L’octroi d’une telle licence semble peu probable en raison du durcissement de celles-ci de la part des États-Unis. Cependant, si cette information est vraie, le contrat est en soi une confession : vu les problèmes actuels de l’industrie, il est impossible de la relancer.

C’est pourquoi la plus grande pression viendra de l’international. L’impact de cette pression s’accentuera, précisément parce que le pays est de plus en plus vulnérable. Le Groupe de Lima Groupe de Lima Groupe fondé en août 2017, pour faire un suivi et trouver une sortie à la crise vénézuélienne. En font partie l’Argentine, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, le Guatemala, la Guyane, le Honduras, le Mexique, le Panama, le Paraguay, le Pérou et Sainte-Lucie. , à l’exception du Mexique, vient d’annoncer qu’il ne reconnaitra pas la prestation de serment de Nicolás Maduro pour un second mandat controversé. Les États-Unis se sont joints à la déclaration et la plupart des pays européens s’y joindront. La probabilité que les sanctions internationales s’accentuent quelques jours après le 10 janvier augmente. Par exemple, la possibilité que Washington interdise l’exportation de diluants au Venezuela mettrait en péril au moins 350 000 barils de brut lourd[ [1]. A l’heure actuelle, le niveau de production de pétrole de PDVSA repose exclusivement sur la production dans la Ceinture de l’Orénoque qui pourrait passer très rapidement, si ces sanctions sont mises en œuvre, de 850 000 barils à 500 000 barils par jour. L’impact de cette mesure internationale serait énorme.

De même, la Maison Blanche discute de la possibilité d’ajouter le Venezuela à la liste des pays qui soutiennent le terrorisme, un petit club auquel appartiennent d’autres pays producteurs de pétrole comme l’Iran, ce qui signifierait passer du statut de pays traité pour une crise politique et humanitaire à celui de pays représentant une menace pour la sécurité nationale des États-Unis. La différence n’est pas minime, même si elle est arbitraire. D’autres pays d’Amérique latine menacent également de passer de la rhétorique diplomatique à l’utilisation de sanctions financières contre les entreprises et les individus liés au gouvernement. Enfin, les acteurs privés, en particulier les créanciers de PDVSA et de la dette souveraine, ainsi que les entreprises dont les contrats ont été annulés [surtout dans le cadre des nationalisations et expropriations il y a une décennie, ndlr] continueront d’intenter des actions en justice pour prendre le contrôle des différents actifs internationaux du pays et de sa compagnie pétrolière, ce qui pourrait à nouveau mettre en péril le fonctionnement fragile du secteur pétrolier. Par conséquent, la possibilité de continuer à faire défaut sur les dettes, qui était la principale tactique de survie financière du gouvernement en 2018, est de plus en plus limitée et risquée.

La véritable inconnue est ce qui peut se passer au niveau strictement national. Trois forces seront décisives en 2019. La première est l’Assemblée nationale. Dans un pays qui vit dans une situation de facto et non de jure, le pouvoir législatif est la seule entité qui demeure légitime constitutionnellement et démocratiquement constituée. Toutefois, sa capacité d’agir politiquement ne dépendra pas des problèmes d’interprétation d’une Constitution dissoute dans la pratique ; sa capacité de peser et de devenir un acteur incontournable dans la promotion du changement dépendra de sa capacité à gagner en crédibilité, à un moment où l’opposition est affaiblie par ses propres divisions internes.

Si l’Assemblée nationale décide d’agir exclusivement sur la base de ses prérogatives formelles, c’est-à-dire à partir de la sphère strictement de jure, dans un contexte où les institutions ont cessé de fonctionner, elle se retrouvera dans une situation très contradictoire : même si elle est légitime et reconnue internationalement, elle n’aura guère de poids politique. Pour inverser cette réalité, l’Assemblée doit consolider les alliances internes et externes, c’est-à-dire qu’elle doit fonctionner efficacement dans la sphère politique, afin de pouvoir garantir l’application de ses décisions. Ce n’est qu’ainsi qu’elle pourra jouer un rôle de premier plan dans le processus de changement politique. Dans le cas contraire, ce qui s’est passé avec les déclarations d’abandon de poste et avec la nomination de pouvoirs publics alternatifs sera répété.

Le deuxième acteur clé, qui est facto le principal appui de Nicolás Maduro au pouvoir après le 10 janvier, ce sont les forces armées. Jusqu’à présent, l’institution militaire a choisi de ne pas réagir face aux doutes sur la légitimité d’origine [2] du président de la République. Cette légitimité d’origine, qui pendant des décennies a toujours eu un caractère démocratique, a traditionnellement été l’épine dorsale de cette institution parce qu’elle désigne celui qui en tant que président est le commandement en chef de l’institution. C’est ainsi que cela fonctionne historiquement depuis 1958 [instauration de la démocratie au Venezuela, ndlr]. Ce même principe a également été la source la plus importante du leadership sur elle d’Hugo Chávez Frías pendant la période 1998-2012 : sa légitimité a été renforcée par le fait qu’il n’a jamais perdu d’élection présidentielle et que ces élections ont été généralement largement reconnues.

Par conséquent, le problème central pour l’institution militaire ne sera pas tant les questions d’interprétation de la Constitution nationale, y compris l’absence de séparation des pouvoirs, mais la légitimité d’origine de la Présidence de la République. Dans la mesure où le doute est de moins en moins permis, la pression institutionnelle sur elle ira en augmentant. Il est peu probable, compte tenu de son aversion pour le conflit et de son sens historique de la conservation - ainsi que de son désir de maintenir le contrôle de ses rentes économiques dans divers secteurs extractifs - que si elle décide d’agir, elle le fasse comme certains le souhaitent, mais elle finira plutôt par se prononcer publiquement ou en privé sur la nécessité de promouvoir une nouvelle négociation politique menant pacifiquement à un processus électoral reconnu au niveau international.

En ce sens, l’armée, avec seulement une déclaration institutionnelle de cette nature et sans la nécessité d’utiliser les armes - en raison de la fragilité de la légitimité constitutionnelle de Maduro - pourrait précipiter irréversiblement une crise de pouvoir. Il ne fait aucun doute non plus que la détérioration des institutions et leur politisation interne sont devenues un facteur de risque réel, de sorte qu’une rébellion, si elle devait se produire, pourrait déboucher sur un grave conflit, qui pourrait se propager en raison de la présence de groupes armés irréguliers sur l’ensemble du territoire national. Face à ce risque, il est essentiel que le gouvernement les persuade que l’élection du 20 mai 2018 était légitime, voire le fruit d’une négociation avortée avec l’opposition en République dominicaine, et que la prestation de serment de Maduro par la Cour suprême se fait effectivement en respectant l’état de droit.

De plus, le gouvernement tentera de leur faire croire que la pression internationale est le fait d’une opposition apatride prête à compromettre la souveraineté nationale. C’est pourquoi l’inclusion de la question du Guyana [3] dans la dernière déclaration du Groupe de Lima est inexplicable, car elle valide ce type de rhétorique officielle. Si Maduro échoue dans cet objectif, ce qui dépend aussi de la capacité de l’opposition à les convaincre que la présidence est effectivement usurpée et que les conséquences sont énormes, alors sa principale source de pouvoir sera définitivement affaiblie.

Enfin, il y a les forces internes du chavisme. Le chavisme est affaibli sur le plan électoral, parce que ses triomphes supposés sont le résultat d’un système électoral sans aucune crédibilité. Mais le PSUV PSUV
Parti socialiste unifié du Venezuela
Le Parti socialiste unifié du Venezuela est le parti politique fondé en 2006 par Hugo Chavez pour remplacer le Mouvement Cinquième République.
est sans doute encore, individuellement, le principal parti politique du pays. Chávez, même après sa mort, bénéficie encore d’une grande popularité comme le montre de nombreux sondages. L’empreinte politique d’un mouvement populiste comme le chavisme, à l’instar du péronisme en Argentine, reste forte. Alors que la présidence de Maduro s’affaiblit du fait de sa propre crise de légitimité, il deviendra de plus en plus intéressant pour les factions internes du parti au pouvoir de se rebeller afin de profiter d’un processus de changement politique. Certains cadres politiques, surtout au niveau des gouvernorats, pourraient jouer un rôle important de renouvèlement, mais dans un système compétitif, avec des garanties électorales, ils auront probablement plus de difficultés à remporter une élection nationale. Mais cela ne se produira que lorsque la présidence de Maduro sera définitivement compromise. Ce n’est qu’alors que ces factions commenceront à jouer un rôle.

Il ne fait aucun doute qu’à partir du 10 janvier, le Venezuela connaitra plusieurs mois de très grande incertitude. Maduro va résister ; du moment où il a décidé de rester au pouvoir de la manière dont il l’a fait. Mais résister peut impliquer des concessions économiques aussi bien que politiques, mais à aucun moment ces concessions n’entraineront une nouvelle élection présidentielle. Le pari est de rester contre vents et marées. S’il parvient à tenir bon, il se consolide au pouvoir, même s’il est affaibli ; mais il suffit d’analyser la dynamique politique et économique pour comprendre qu’il n’a pas toutes les cartes en main. Le prix à payer pour le chavisme, même pour ceux qui le soutiennent au sein des forces armées, est de plus en plus élevé et la possibilité que ces partisans puissent avoir une influence sur le processus de changement peut aussi les inciter à essayer d’en profiter. En raison de ce risque, l’effort d’endurance de Maduro sera intrinsèquement instable. D’un point de vue économique et social, tant qu’il pourra se maintenir au pouvoir, il condamnera un pays entier. Les conséquences d’un tel scénario sont alarmantes, mais elles sont encore très probables. Maduro a déjà réussi dans le passé, contre toute attente, à rester au pouvoir.

Le changement politique n’est pas impossible non plus. Les pressions seront énormes pour trouver une solution négociée, surtout si les sanctions pétrolières internationales s’accentuent. Mais ce processus dépendra d’une dynamique complexe dans un pays qui sera de plus en plus isolé et dans lequel de nombreux groupes aux origines diverses chercheront à coopérer pour essayer de sortir de la situation dans laquelle nous sommes prostrés. Pour faire avancer ce processus, il faudra un grand sens des responsabilités politiques, ce qui a brillé par son absence jusqu’à présent au sein de l’opposition et du chavisme.

Le pays doit comprendre que le problème n’est pas seulement le radicalisme mais aussi l’extrémisme : le désir de s’imposer aux dépens des droits et des garanties des autres. Étant donné la fragmentation de tous les secteurs du pays, quiconque tente de contrôler le changement à partir de sa position, en pensant qu’il peut en profiter pour lui-même sans comprendre les limites auxquelles nous sommes tous confrontés, sans comprendre qu’il est nécessaire d’accorder des garanties, que le « tout ou rien » est complètement hors de propos en ce moment, mettra en péril le seul espoir du Venezuela de se réinstitutionaliser, de sauver sa démocratie et de commencer sa reconstruction. Le Venezuela n’a pas besoin de héros ou de grandes épopées. Nous avons besoin d’institutions, de droits, d’élections transparentes et surtout de beaucoup de bon sens.

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Michael Penfold

Michael Penfold

Docteur de l'Université de Columbia de NYC. Professeur d'économie politique et de gouvernance à l'IESA et à UNIANDES. Associé au Wilson Center.

[1NDLR] Des diluants tels que le naphta sont nécessaires pour réduire la viscosité du pétrole lourd vénézuélien afin de permettre son transport par des oléoducs.

[2[NDLR] On parle en droit de légitimité d’origine et de légitimité d’exercice. La première provient d’élections libres. La seconde se base sur l’exercice du pouvoir s’il respecte l’état de droit et qu’il est reconnu comme un gouvernement démocratique.

[3[NDLR] La frontière entre la Guyana et le Venezuela fait l’objet d’un différend depuis plus de deux siècles, d’abord entre l’Espagne et le Royaume-Uni puis entre le Venezuela et le Royaume-Uni, et enfin entre le Venezuela et la Guyana indépendante. Le Venezuela réclame la souveraineté sur la partie occidentale du Guyana jusqu’au fleuve Essequibo. Ce territoire appelé Guayana Esequiba est connu également sous le nom de Territorio Esequibo ou, au Venezuela, de Zona en reclamación. Récemment, la volonté de la multinationale Exxon d’exploiter le pétrole de cette « zone en réclamation » a ravivé les tensions entre les deux pays. Un incident a eu lieu fin décembre : la marine militaire vénézuélienne a chassé deux navires d’exploration sismique d’Exxon dans une zone maritime disputée. Ces bateaux avaient reçu l’aval du gouvernement guyanais. Le Groupe de Lima a fait part de sa préoccupation pour cette interception « dentro de la zona económica exclusiva ».

[4NDLR] Des diluants tels que le naphta sont nécessaires pour réduire la viscosité du pétrole lourd vénézuélien afin de permettre son transport par des oléoducs.

[5[NDLR] On parle en droit de légitimité d’origine et de légitimité d’exercice. La première provient d’élections libres. La seconde se base sur l’exercice du pouvoir s’il respecte l’état de droit et qu’il est reconnu comme un gouvernement démocratique.

[6[NDLR] La frontière entre la Guyana et le Venezuela fait l’objet d’un différend depuis plus de deux siècles, d’abord entre l’Espagne et le Royaume-Uni puis entre le Venezuela et le Royaume-Uni, et enfin entre le Venezuela et la Guyana indépendante. Le Venezuela réclame la souveraineté sur la partie occidentale du Guyana jusqu’au fleuve Essequibo. Ce territoire appelé Guayana Esequiba est connu également sous le nom de Territorio Esequibo ou, au Venezuela, de Zona en reclamación. Récemment, la volonté de la multinationale Exxon d’exploiter le pétrole de cette « zone en réclamation » a ravivé les tensions entre les deux pays. Un incident a eu lieu fin décembre : la marine militaire vénézuélienne a chassé deux navires d’exploration sismique d’Exxon dans une zone maritime disputée. Ces bateaux avaient reçu l’aval du gouvernement guyanais. Le Groupe de Lima a fait part de sa préoccupation pour cette interception « dentro de la zona económica exclusiva ».

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Traduction
  • F.L., Barril.info.

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