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Venezuela 1998-2018 : le pays des fractures

La prestigieuse revue « Les Temps Modernes », fondée par le couple Sartre-de Beauvoir, et dirigée par Claude Lanzmann, consacre son 693e numéro au Venezuela. 304 pages en français (c’est si rare !) pour « sortir de l’actualité à chaud » et se pencher sur ce pays en plein naufrage. Nous publions ci-dessous l’introduction de la revue rédigée par Paula Vásquez Lezama qui a coordonné ce numéro.

Paula Vásquez Lezama

13 mars 2018

L’effondrement du projet politique du défunt Hugo Chávez est devenu une tragédie sociale, politique, économique et humaine pour le Venezuela. Les changements structurels conduits par la Révolution bolivarienne, inaugurée en 1998, ont fini par donner des résultats désastreux pour la population, en particulier pour les classes moyennes et les moins favorisés. En 2014, les réussites des politiques sociales de Chávez ont commencé à s’estomper. Entre 2004 et 2008, les revenus pétroliers avaient atteint des niveaux très élevés, en raison de la hausse du prix des hydrocarbures sur les marchés mondiaux. Entre 1999 et 2011, les exportations pétrolières ont rapporté 608 milliards de dollars au Trésor vénézuélien. Rien qu’en 2012, grâce au cours du pétrole (103 dollars le baril), le pays a engrangé 92 milliards de dollars. Le prix du baril, entre 1999 et 2011, était passé de 16 à 101,06 dollars et, durant les douze années de la présidence de Chávez, son prix moyen a été de 49,3 dollars. Aucun autre président de l’histoire du Venezuela n’a bénéficié d’un boom d’une telle ampleur. Pourtant, les prix élevés du pétrole ont masqué une situation très grave : le déclin régulier de la production nationale, tant pétrolière que non pétrolière.

Entre 1999 et 2011, les exportations pétrolières ont rapporté 608 milliards de dollars au Trésor vénézuélien

En effet, d’une part, PDVSA PDVSA
Petróleos de Venezuela
Petróleos de Venezuela SA est la compagnie nationale publique de pétrole du Venezuela.
(la compagnie pétrolière nationale) est devenu une entreprise déficitaire, incapable d’investir et possède, en 2017, un patrimoine industriel obsolète et dangereux (elle produit 1 million et demi de barils par jour de moins que lorsqu’Hugo Chávez est arrivé au pouvoir). PDVSA a été déclaré en cessation de paiements en 2017 ; suite à des conflits qui montrent bien les déchirements internes affectant l’élite du gouvernement, Nicolás Maduro a nommé à la tête de l’entreprise, en novembre 2017, un général de la Garde nationale bolivarienne (corps militaire attaché à l’Armée de terre). D’autre part, la production nationale non pétrolière est complètement démantelée et la pénurie de nourriture, de médicaments et de biens de consommation de base, ravage les secteurs de la population les plus vulnérables. Au cours des cinq dernières années, le Venezuela a connu l’inflation Inflation Hausse cumulative de l’ensemble des prix (par exemple, une hausse du prix du pétrole, entraînant à terme un réajustement des salaires à la hausse, puis la hausse d’autres prix, etc.). L’inflation implique une perte de valeur de l’argent puisqu’au fil du temps, il faut un montant supérieur pour se procurer une marchandise donné. la plus élevée au monde. Et les prévisions ne sont guère plus optimistes.

Comprendre comment le pays en est arrivé à cette situation constitue un véritable défi : la catastrophe déborde largement la capacité d’analyse et se prête à des raccourcis, des simplifications et des amalgames.

Il faut d’abord préciser que la crise vénézuélienne ne peut pas être attribuée à la chute des prix des hydrocarbures

Il faut d’abord préciser que la crise vénézuélienne ne peut pas être attribuée à la chute des prix des hydrocarbures, au contraire de ce qu’on lit souvent dans les analyses rapides des médias mainstream. Le Venezuela ne va donc pas améliorer sa situation de manière miraculeuse si le cours du pétrole remonte. La crise s’est amorcée en 2014, lorsque le prix du baril était encore assez élevé, autour de 88 dollars. La politique d’expropriation, la régulation des prix, la mise en place d’un contrôle des changes ont transformé l’État vénézuélien en une sorte de grande entreprise importatrice développant des mécanismes de corruption très sophistiqués qui annihilent la production nationale. À la fin 2016, le salaire minimum réel a été établi comme le plus bas du pays au cours des vingt-cinq dernières années et l’un des moindres d’Amérique latine, et ce sur le territoire ayant les plus grandes réserves de pétrole au monde.

Il faut ensuite saisir les manières dont le chavisme Chavisme Le terme « chavisme »est utilisé pour décrire le(s) courant(s) politiques revendiquant l’héritage de Hugo Chavez, décédé en 2013. a utilisé l’économie de rente pétrolière pour renforcer son projet de pouvoir. À partir de 2006, le projet « bolivarien » s’est fixé comme objectif de réaliser le « socialisme du xxie siècle » à travers un « État communal ». Il s’agit d’une radicalisation de la révolution qui, à bien des égards, contredit et même viole les principes de la Constitution, dite Bolivariana, qui fut approuvée en 1999. Il s’agissait en principe de l’instauration d’une démocratie participative. Cependant, dans la réalisation pratique de l’État communal, des organisations politiques essentiellement verticales et administrativement très opaques ont vu le jour. La loi organisant les « conseils communaux », approuvée en 2009, a jeté les bases de la création d’un nouvel État qui s’est avéré être une énorme machine clientéliste. La démocratie participative, qui avait suscité tant d’espoir chez les intellectuels progressistes du monde entier, est restée de l’ordre du vœu pieux.

La loi organisant les « conseils communaux » a jeté les bases de la création d’un nouvel État qui s’est avéré être une énorme machine clientéliste

Libre de tout contre-pouvoir, les dirigeants du Parti socialiste unifié du Venezuela PSUV
Parti socialiste unifié du Venezuela
Le Parti socialiste unifié du Venezuela est le parti politique fondé en 2006 par Hugo Chavez pour remplacer le Mouvement Cinquième République.
, le PSUV, ont affirmé arbitrairement leur légitimité politique et électorale dans les institutions qu’ils contrôlaient entièrement. Des expropriations de terres, de banques, d’entreprises et d’hôtels, ont souvent été effectuées par le Président Chávez lui-même lors de ses visites dans différentes régions du pays et elles étaient alors diffusées en direct à la radio et à la télévision. Puis, les institutions étaient chargées de trouver des solutions rapides, souvent illégales, avec les propriétaires. Les entreprises et les exploitations agricoles étaient généralement livrées à des personnes et à des groupes sans les compétences ou l’expérience nécessaires pour produire. Beaucoup de ces établissements, productifs auparavant, sont maintenant abandonnés.

La nouvelle bureaucratie mise en place par le « socialisme du xxie siècle » est devenue un bras politique qui étend le contrôle direct du gouvernement et de son parti, le PSUV, non seulement sur l’opposition mais encore sur l’ensemble de la société. La dissidence chaviste a été ainsi invisibilisée, asphyxiée. Cette bureaucratie entretient des liens profonds avec des cadres radicalisés dont sont issus maints cadres gouvernementaux avec leur définition idéologique de la culture nationale, du peuple, du populaire, et les grands dispositifs de propagande nationale et internationale qui accompagnent cette idéologie.

La réduction de la pauvreté a toujours été le leitmotiv du chavisme. Mais la politique de transfert des ressources par des subventions directes à la population la plus mal desservie n’a pas renforcé l’économie ni diminué les inégalités sociales à long terme, bien au contraire elle les a profondément creusées. L’apparente diminution de la pauvreté, créée par l’augmentation de la consommation, n’était qu’une illusion qui ne reposait sur rien de durable. Le nouveau modèle économique non capitaliste a tragiquement échoué. Ainsi les fameuses Misiones Misiones Les misiones sont les programmes sociaux d’alphabétisation, de santé et d’éducation notamment, lancés par le gouvernement vénézuélien à partir de 2003. , organismes d’aide sociale créés par Chávez, sont aujourd’hui des machines clientélistes qui n’ont plus que peu de ressources à distribuer. La plus emblématique d’entre elles, Barrio Adentro (À l’intérieur des quartiers), où ont travaillé les médecins cubains pour fournir un système de santé de soins primaires, est maintenant presque inactive. Les médecins sont partis. Je l’ai constaté sur le terrain en 2015, 2016 et 2017 : les dispensaires de Barrio Adentro sont très souvent fermés, désertés, et les milieux populaires abandonnés à leur sort dans le domaine de la santé publique.

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C’est dans le contexte déjà dramatique de l’année 2015, qui réclamait des changements immédiats dans la politique économique, que l’opposition vénézuélienne a gagné les élections le 6 décembre, dépassant largement les pronostics, ceux du gouvernement mais aussi les siens propres. La première initiative des nouveaux élus de l’Assemblée nationale a été d’activer le processus de Référendum révocatoire Référendum révocatoire La Constitution de 1999 (art. 72 CRBV) a introduit le mécanisme de référendum révocatoire. Selon une procédure précise, les citoyens peuvent convoquer un référendum révocatoire contre tout élu arrivé à la moitié de son mandat . Un tel référendum a eu lieu contre le Président Chavez en 2004. Il l’a emporté. Celui que voulait organisé l’opposition en 2016 a été annulé pour de supposées fraudes lors de la phase de collecte de signatures. prévu dans la Constitution de 1999, qui permet de questionner la légitimité du mandataire présidentiel. Cela n’était sans doute pas la meilleure des stratégies étant donné leur position politique avantageuse dans l’hémicycle : la déroute du chavisme face à la coalition de la Mesa de la Unidad Democrática (MUD, littéralement Table de l’unité démocratique) était fracassante. Un tel score n’aurait été possible si une partie de l’électorat traditionnellement chaviste ne s’était retournée contre le PSUV. La corruption extravagante des fonctionnaires chavistes et la cruelle inaction du gouvernement Maduro en matière économique avaient généré une grande colère que reflète le vote.

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Deux ans plus tard, en 2017, tout a empiré. Bien que l’unité de l’opposition se soit consolidée, l’Assemblée nationale a été déclarée incompétente par deux jugements du Tribunal suprême de justice Tribunal suprême de justice
TSJ
La Cour suprême du Venezuela.
(TSJ) au début d’avril 2017 et les pleins pouvoirs ont été attribués à l’Exécutif. On découvrira dans les pages qui suivent les stratagèmes qui ont été utilisés pour contourner l’équilibre constitutionnel des pouvoirs. La figure la plus importante de la dissidence du chavisme, Luisa Ortega Luisa Ortega Fidèle du Président Chavez, elle a été désignée à deux reprises (2007 et 2014) à la fonction de Procureure générale de la République. Elle a rompu avec le gouvernement de Nicolas Maduro en 2017 et en est devenue une féroce opposante. Destituée en août 2017 par l’Assemblée nationale constituante, elle a fui le pays avec son époux, l’ex-député chaviste German Ferrer. Díaz, procureure générale de la République bolivarienne, a protesté et le TSJ est alors revenu sur l’habilitation totale attribuée à Maduro quant au Législatif. L’Assemblée nationale n’a néanmoins jamais récupéré ses pouvoirs. Les multiples façons utilisées par un pouvoir judiciaire, contrôlé par le gouvernement Maduro qui n’a cessé de mettre des entraves au fonctionnement de l’Assemblée nationale, sont à l’origine de l’impasse de fin 2017. Après des mois de violentes manifestations de rue, le Président Nicolás Maduro a mis en place, le 4 août 2017, par un processus électoral contestable et contesté, une Assemblée constituante qui n’a pas, bizarrement, l’intention de rédiger une nouvelle Constitution, comme cela semblerait devoir être sa vocation, mais seulement de gouverner en accaparant tous les pouvoirs. Le but de cette Constituante n’était pas en vérité de refonder la nation ni les institutions, mais de destituer la procureure Luisa Ortega Díaz, devenue gênante pour le gouvernement.

Que reste-t-il aujourd’hui de l’héritage de Chávez ? Sur le plan géopolitique, pas grand-chose de l’Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA ALBA L’ALBA, ou l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique, est une organisation politique, sociale et économique de coopération entre des pays de gouvernements progressistes d’Amérique latine et des Caraïbes. Elle est née en 2005 à l’initiative de Cuba et du Venezuela, comme alternative à l’ALCA (ZLEA en français, Zone de libre-échange des Amériques, alors impulsée par Washington). ). Du point de vue vénézuélien, les échanges commerciaux dans ce cadre ont été extrêmement nocifs pour l’économie nationale. Sur les étals des marchés populaires que je visite depuis 1999, j’ai vu disparaître progressivement les denrées produites au Venezuela. L’économie nationale avait atteint une certaine autosuffisance dans la production de produits laitiers, de viande et de volaille. Aujourd’hui, les denrées alimentaires de base sont importées au prix fort. Tous ces produits sont, en outre, achetés avec majoration du coût par l’État vénézuélien qui s’est transformé en grande entreprise importatrice ayant le monopole sur le marché alimentaire. À l’heure actuelle, du fait de la faillite de l’État, ces produits mêmes sont très difficiles à trouver, et jamais sans devoir faire la queue pendant quatre heures en moyenne. Il ne reste pas grand-chose du programme Petrocaribe Petrocaribe Initiative du Venezuela qui permet à 14 pays de la Caraïbe, étranglés par les prix internationaux des hydrocarbures, d’acheter leur pétrole au Venezuela à tarif préférentiel (avec facilités de paiement et crédits pouvant aller jusqu’à 25 ans). ni des alliances géopolitiques, notamment avec Cuba, consolidées par les livraisons de pétrole vénézuélien (dons et prix préférentiels). En 2006, le Venezuela expédiait 110 000 barils par jour à Cuba. Il en expédie 50 000 aujourd’hui et le poids de la crise du pays se fait aussi sentir sur l’île alliée.

En 2006, le Venezuela expédiait 110 000 barils par jour à Cuba. Il en expédie 50 000 aujourd’hui et le poids de la crise du pays se fait aussi sentir sur l’île alliée

La situation alimentaire et sanitaire est sans doute la plus inquiétante. La ministre en charge de ce domaine, Antonieta Caporale, a été destituée en mai 2017 pour avoir diffusé un rapport qui démontrait l’augmentation importante de la mortalité maternelle et infantile. De fait, au Venezuela, les chercheurs n’ont plus accès aux bulletins épidémiologiques, encore disponibles en 2014. Les chiffres en rapport avec ce sujet, comme par exemple celui des maladies à déclaration obligatoire, sont devenus des secrets d’État. Restent les communiqués officiels, non détaillés et non vérifiables par les épidémiologistes. Et il est même interdit aux médecins de déclarer certaines maladies diagnostiquées. C’est le cas pour la dengue, le zika et le chikungunya. Le gouvernement vénézuélien ne se contente donc pas de cacher les données, il va jusqu’à nier la réalité des épidémies. Mais il existe des organismes qui, dans la mesure du possible, travaillent de façon indépendante. L’Institut de médecine tropicale de l’Université centrale du Venezuela a établi, par exemple, qu’en 1999, dans les débuts de la révolution, il y avait 22 000 cas de paludisme par an. En 2016, il y en a eu 350 000. Autre exemple : la diphtérie a refait son apparition après vingt-cinq ans sans cas enregistré, c’est ce qu’a révélé un réseau de médecins travaillant dans l’État Bolívar, au sud du Venezuela. Cela signifie que l’État vénézuélien n’a pas assuré le plan national de vaccination dit « pentavalent » des enfants (contre la diphtérie, la coqueluche, le tétanos, l’hépatite B et l’haemophilus influenzae de type B). Ce genre de situation épidémique en dit long sur les profonds dysfonctionnements des institutions vénézuéliennes. En ce qui concerne les maladies chroniques comme l’hypertension, le diabète, l’hémophilie, les problèmes rénaux, l’épilepsie, etc., la situation est catastrophique : les malades sont très souvent condamnés à cause de l’absence de médicaments sur le marché. Ne parlons pas des traitements antirétroviraux pour les malades du sida. Ces médicaments sont officiellement non disponibles depuis le mois de juin 2017. Ces malades vénézuéliens sont tout simplement condamnés à mourir.

On comprend dès lors l’exacerbation du mécontentement des Vénézuéliens, qui les a fait descendre dans les rues depuis la fin du mois de mars 2017. Pour imaginer que des manifestations de cette ampleur puissent être le produit des sombres menées d’une droite radicalisée — elle existe certes, mais est bien incapable de provoquer de tels phénomènes de masse — et de manipulations étrangères, comme on l’entend parfois, il faut sous-estimer les énormes difficultés auxquelles est soumise la population vénézuélienne, voire les mépriser.

La « guerre économique Guerre économique C’est la thèse du gouvernement de Nicolas Maduro pour expliquer la crise économique. Le secteur privé en alliance avec des pays hostiles à la « révolution » mèneraient une guerre économique contre le Venezuela.  » et, depuis 2017, les « sanctions économiques » sont des arguments souvent invoqués par les gouvernements de Chávez d’abord, de Maduro ensuite, pour se disculper de la débâcle de la nation

La « guerre économique » et, depuis 2017, les « sanctions économiques » sont des arguments souvent invoqués par les gouvernements de Chávez d’abord, de Maduro ensuite, pour se disculper de la débâcle de la nation. Mais en vérité la crise d’aujourd’hui trouve ses raisons dans des politiques économiques mises en place bien avant les sanctions américaines à l’égard des fonctionnaires du gouvernement de Maduro. Faire porter à celles-ci le poids de la situation actuelle, c’est oublier les endettements faramineux contractés en toute irresponsabilité entre 2007 et 2012, qui pèsent à présent lourdement sur toute la population. La compagnie nationale de pétrole et le gouvernement fournissaient des dollars bon marché que les investisseurs vénézuéliens achetaient en bolivars. C’était décourager l’investissement, inviter à la spéculation et à la création d’entreprises fantômes, notamment d’entreprises importatrices. La « guerre économique » est l’alibi de l’imposture que constitue l’endettement spéculateur et consumériste conçu par le ministère des Finances et qui a servi à enrichir une nouvelle oligarchie.

La « guerre économique » est l’alibi de l’imposture que constitue l’endettement spéculateur et consumériste conçu par le ministère des Finances et qui a servi à enrichir une nouvelle oligarchie.

En 2017, aucun scénario optimiste n’est en vue ; l’amélioration des conditions de vie de la population tardera de longues années, si tant est qu’elle se produise. Après dix-huit ans de Révolution bolivarienne et en ayant englouti plus de 900 milliards de dollars de revenus d’exportations pétrolières, la nation vénézuélienne est ruinée. Pour les plus confiants, les décennies qui viennent seront marquées par la reconstruction de l’économie et des systèmes de justice — au pluriel — qui viseront à retrouver le sens d’une socialisation commune, civique et fraternelle. Du moins espérons-nous que les voix vénézuéliennes ici rassemblées aideront le lecteur à dresser la carte de ce noir panorama : introduire ne fût-ce qu’un peu d’intelligibilité dans ce chaos, c’est un premier pas pour sortir de la désespérance.

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Paula Vásquez Lezama

Paula Vásquez Lezama

Docteure en anthropologie sociale et ethnologie, chargée de recherche au Centre d'études sociologiques et politiques Raymond Aron (CESPRA) du CNRS. Auteure de « Le chavisme. Un militarisme compassionnel » (2014).

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